‹ Théâtre choisiChapitre 172 sur 206 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MlOSPER, sortant avec précaution <!<• h maison a droite, puis FANNV.

rBOSPER, aprèi l'être anuré que lei gardes nationâui se sont éloignés.

Venez, chère Fanny! ne craignez rien!

l'AWY.

Ah! my dear Prosper ! je étais tremblante, je tolais retorner chez my Father*. mon père.

PROSPÉR E'Y VINCENT. 375

PROBPER.

Y pensez-vous ? perdre ainsi le fruit de notre témérité? rappelez-vous donc les faits!... Mon régiment part pour l'Afrique; forcé de m'éloigner de vous, la violence de mon amour, jointe au chagrin de vous avoir quittée, avaient exalté mon esprit au point d'éveiller la sollicitude de mes chefs. Mon désir le plus vif était de trouver un prétexte pour revenir à Paris, pour vous revoir, lorsque je reçus une lettre de monsieur et madame Rigault, mes parents adoptifs, mes bienfaiteurs.

Vos bienfaiteurs 1 . . . vous ne étais donc pas leur fils ?

PROSPER

Non, et maintenant je ne dois plus vous le cacher... Ils eurent un fils qui faisait la joie de madame Rigault, qui réalisait le rêve de toute son existence. Ma mère fut sa nourrice. Rientôt l'enfant mourut. M. Rigault, instruit de cette fatale nouvelle, accourut chez ma mère; il lui dit que madame Rigault était fort malade, qu'elle ignorait la mort de son fils, et comme ma mère avait elle-même deux enfants jumeaux, il la conjura, les larmes aux yeux, de lui confier un de ses enfants qu'il ferait passer pour le sien. Ma mère était pauvre, M. Rigault assurait mon avenir; elle crut devoir consentir dans mon intérêt à cette substitution ; madame Rigault, qui me croit son fils, me chérit comme une mère ; son mari n'a jamais eu le courage de la désabuser, et il y a fort peu de temps qu'il m'a confié ce secret.

FANNY

J'avais compris... beaucoup.

;<7i. PROSPblK ET VINCENT.

PROSPER

Et comme je vous le disais , monsieur et madame Rigault m'ont écrit à Alger qu'ils m'ont choisi une épouse : lire cette lettre, obtenir un congé et m'embarquer, fut l'affaire d'un moment. J'arrive, je me présente chez votre père ; il refuse de me voir. Alors, pour contraindre nos deux familles à notre mariage, je prends un parti romanesque, désespéré, je vous enlève : depuis trois jours, vous êtes cachée dans cette maison ; mais votre évasion a été signalée à l'autorité : il faut changer de quartier, je vais vous conduire chez la mère d'un de mes amis, vous y serez en sûreté, jusqu'à ce que nous soyons d'accord avec nos parents ; et c'est au moment où nous touchons au port que vous voudriez détruire toutes mes espérances !

KAXNY.

Oui... mais je tremblais toujours... pins que my absence devient grande, plus que je me sentais bieu copèble... Mon père... il me donnait son malédiction... Et le monde, il calomniait le pauvre Fanny.

PROSPER

Le monde ?Avez-vous donc cessé un instant d'être l'objet de tous mes respects, comme vous l'êtes de mon amour? Mais de grâce, hâtons-nous! Heureux si nous pouvons trouver une voilure à l'heure qu'il est. .

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