S K.W'K VILLE
Oui, mon cher Franz; ce que je vous dis est la vérité même... Elle n'aime pas Rully.
FRANZ
Et vous penseriez?
Laissez-moi l'espérer.
KETÏLY. 49
FRANZ
Je vais l'interroger, tenez-vous à l'écart. Kettly!
KETTLY.
Dieu ! mon père !
FRANZ, sévèrement.
Quelle conduite avez-vous tenue aujourd'hui ?
KETTLY.
Aucune, mon père, qui puisse te faire rougir.
FRANZ
Vous avez refusé l'offre d'un homme généreux.
KETTLY.
Dieu! l'aurais-je offensé?
FRANZ
Que voulez-vous qu'il pense? et moi, vous m'avez trompé ?
KETTLY.
Non, mon père !
FRANZ
Ne m'avez-vous pas dit que vous aimiez Rutly?
Je ne te l'ai point nommé.
FRANZ
Kettly ! que signifie...
KETTLY.
Ah î mon père ! c'est ici que j'ai besoin de toute ton indulgence !
FRANZ
Tu m'effrayes ! parle, ma fille !
KETTLY.
Air : Je sais assembler des rubans (des Oies du frère Philippe).
Tu vois mes pleurs et mon regret.
Si ta Kettly t'est toujours chère,
50 KETTLY.
Apprends, mais toi seul, mon secret.
Elle se jetle aux genoux de son père.
Pardonne à ta fille, ô mon père. '
Cette dot, hélas ! qu'en ce jour On offrait à l'infortunée, Je la refuse...
FRANZ, avec inquiétude.
Eh bien !
KETTLY.
C'est par amour Pour celui qui me l'a donnée ; Je la refuse par amour Pour celui qui me l'a donnée...
Est-il possible?
SENNE VILLE
Kettly ! il est donc vrai? je ne m'étais pas trompé !
KETTLY, avec un cri de bonheur.
Dieu ! il a tout entendu !
SKXNEVILLE.
Oui, ma Kettly; je connais tout mon bonheur. Je l'ai donc trouvée cette femme qui sait aimer, cette femme dont l'existence me semblait une chimère.
KETTLY.
Que dit-il?
FBASZ.
Vous, capitaine, vous consentiriez...
SBNNEVILLE.
Mène air.
Si j'entourai d'un peu d'êclal Le nom que j'offre à votre Mlle, L'alliance d'un vieux soldai Ne peut qu'honorer ma famille.
Ah! comblai nus VCBUX d'un seul mot;
Auprès de voua, ma vie Ml enchaînée;
KETTLY. 51
Et toi, Kettly, reçois avec la dot ) L'heureuse main qui l'a donnée, i Pendant la reprise des deux derniers vers, Kettly tourne ses regards vers Franz, d'un air suppliant; Franz semble lui accorder°avec attendrissement la permission de donner sa main à Senneville.
KETTLY.
Ah ! mon père ! Ah ! monsieur Senneville !
FRANZ
Capitaine!... Son bonheur, c'est tout ce que je
VeUX... (II les embrasse tous deux.) Mes enfants.
KETTLY.
Mon rêve est donc réalisé.