SCÈNE YII HARNALI, seul
C'est ainsi que tu donnes des notes, Contrôleur insolent!... Ah! je cire tes bottes! La mienne a bien failli te punir... Je t'aurais Atteint à mi-chemin du dos et des jarrets, Et, visant sur ta basque une place bien nette, J'aurais de ma semelle empreint la silhouette; Mais tu n'y perdras rien; nuit et jour je te suis, Et puisque tu l'as dit : De ta suite j'en suis , Je m'attache à tes pas, et jamais chien de race N'aura su, mieux que moi, suivre un lièvre à la trace. Oui, même en ton sommeil, nouveau sujet d'effroi, Ainsi qu'un cauchemar je pèserai sur toi. Dans l'ombre, tu verras mes prunelles ardentes, Comme ces vers luisants, émeraudes vivantes, Que souvent les gamins mettent à leurs chapeaux. Pour loi, plus de sommeil! pour toi, plus de repos! Jusqu'au moment fatal où, sûr de ma vengeance, J'assouvirai ma rage en te donnant ta danse.
Il remonte la scène d'une manière tragique et redescend tranquillement.
Ce n'est encor ici que le commencement...
Je sors... je ne sais trop ni pourquoi ni comment.
70 HAHNALI.
Dans la passe où je suis, il serait mieux peut-être D'attendre mon rival, de me faire connaître... Oui, mais nos démêlés s'éclairciraient trop tôt; Allonger la courroie est peut-être un défaut; Mais il nous faut aller jusqu'à la catastrophe, Et pour arriver là nous avons peu d'étoffe; Jamais tailleur adroit, quelques efforts qu'il fit, Avec un quart de drap n'a pu faire un habit; Et jamais pâtissier, quelque soin qu'il y mette, Ne fait d'un peu de pâte une énorme galette.
L'orchestre joue : J'aime les tartelettes.