SCÈNE III ANNETTE. AMÉLIE
ANNETTE, accourant par le fond.
Mademoiselle! Mademoiselle! savez-vous la nouvelle? M. Durand qui s'en va!
AMÉLIE
Je le sais.
ANNETTE
Et il reviendra pour la noce.
AMÉLIE
Je l'ignore.
ANXETTE.
Comment! il s'en irait tout à fait?
AMELIE, en soupirant.
C'est possible, ma pauvre Annette.
ANNETTE
Ah oà! mais ça lui a donc pris comme... (Èfle regarde par la fenêtre.) Tenez ! le voilà qui arrange la bride de son cheval.
AMÉLIE
Comme il a l'air chagrin !
ANNETTE
Le cheval? je ne trouve pas. Ah! c'est de lui que vous voulez parler? c'est vrai. Le voilà monté. (Elle crie.) Au revoir, monsieur Durand! Dites-lui donc adieu! il vous fait signe. Au revoir! au revoir!
AMÉLIE, faisant des signes d'adieu.
Adieu ! adieu !
ANNETTE
Le voilà parti!... Dieu! va-t-il fort!!! Oh! que j'aurais donc peur si j'étais à califourchon comme ça, sur le dos d'un animal! Mais pourquoi donc, Mam'selle, que vous avez l'air triste? puisque vous allez vous marier? Ah! si je me mariais, moi, si j'avais la belle robe blanche, le bouquet au côté, et la fleur d'orange sur la tête, je rirais comme une folle.
On entend la voix de Clémançot.
AMÉLIE
Tais-toi, tais-toi; voici mon père.
ANNETTE
Faut pas lui dire que vous êtes triste? (a part.) Je n'y comprends rien; elle se marie et elle est triste!