MADAME PATIN, MONSIEUR MIGAUD
LISETTE
MADAME PATIN
Où est le chevalier, Lisetle? Qu'a-t-ii dit en mon absence? Qu'a-t-il fait?
LISETTE
Il a fait haut le pied. Madame, dès que vous avez eu le dos tourné.
MADAME PATIN
Quoi ! je ne sors que pour l'obliger, il me promet de m'attendre, et je ne le trouve pas ?
LISETTE
Bon ! Madame, est-ce que les gens comme Monsieur le chevalier sont faits pour attendre ; et peuvent-ils demeurer en place? Cela est bon pour des gens raisonnables, comme Monsieur, par exemple, qui veut vous parler, et qui n'a point voulu sortir que vous ne fussiez rentrée.
MADAME PATIN, bdS,
J'aimerais bien mieux que celui-là se fût impatienté que l'autre. (Haut.) Je viens de chez vous. Monsieur; et cela est fort mal de ne vous y être pas trouvé.
MONSIEUR MIGAUD.
Je vous aurais attendue, Madame, si j'avais pu prévoir l'honneur que vous m'avez fait ; mais j'ai passé chez une marquise...
MADAME PATIN
Chez une marquise, Monsieur, chez une marquise I Quand on aura affaire à vous, il faudra vous aller chercher chez des marquises? Il me semble que des personnes comme vous, dévouées au public, ne doivent être que chez elles ou au Palais, occupées uniquement à leurs affaires, ou à celles de leurs parties.
MONSIEUR MIGAUD.
Nos affaires et celles de nos parties ne nous occupent pas toujours. Nous préférons souvent celles de nos amis, et je veux bien vous avouer que quelques avis qu'on m'a donnés sur quelque cnose qui vous regarde, m'ont fait remettre à deux ou trois jours le jugement de ce procès dont vous m'avez écrit.
MADAME PATIN
C'est pour la même affaire que j'allais chez vous ; mais quels avis. Monsieur, vous a-t-on donnés, où vous preniez tant d'intérêt?