‹ Théatre choisiChapitre 113 sur 496 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

vous en réponds. Il n*y a seulement qu'à rompre le cours d'une intrigue naissante; elle n'est encore guère avancée, Dieu merci ; et pourvu qu'on fasse diligence, il n'y a rien, ce me semble, à risquer pour Monsieur votre fils.

MONSIEUR MIGAUD.

Oh! ma pauvre Lisette, ce sont les suites qui me paraissent à craindre. Une jeune femme, dont on force les volontés, tombe souvent dans de terribles irrégularités ; surtout quand son mari a du faible pour elle, et qu'elle a du penchant pour un autre.

LfSETTE.

Ce n'est pas à moi de disputer contre vous sur ces sortes de choses, et vous devez mieux savoir ce qui en est ; mais, en tout cas, vous êtes un bon père de famille, et vous aurez l'œil à tout. Ne songeons présentement qu'à guérir Madame Patin de son entêtement, c'est le principal, comme je vous ai dit, et j'ai en main de quoi lui donner de furieux soupçons de son chevalier. Elle est. prompte à prendre la chèvre, et elle y fera réflexion, je m'assure.

MONSIEUR MIGAUD.

Et, pour confirmer ces soupçons, je vais mêler adroitement le chevalier dans une affaire, dont je viens donner avis à ta maltresse. 11 est bon de lui brouiller la cervelle de plusieurs manières, et de plusieurs choses.

La voici, je l'entends. Retirez-vous un moment, je lui dirai que vous êtes là.

Page 1