ACTE I, SCÈNE I
VALÈRE
Ah! je n'ai pas attendu tes conseils pour prendre ma résolution.
MERLIN
Je n'en suis point surpris. Venons à Mademoiselle sa fille, que vous aimez ; vous avez raison^ la fille est plus jeune que la mère ; mais enfin, vous êtes bien persuadé que cette fille vous aime, et ce n'est pas là ce qui vous chagrine apparemment? Il est vrai que Monsieur votre père l'aime aussi, qu'il se ruine pour l'enrichir. 11 y aurait quelque chose à dire à cela, si Madame Gérante ne vous donnait pas merveilleusement bien votre revanche, et ^'elle ne Ht pas les mêmes choses pour vous. Mais, Dieu merci...
VALÈRE
Ah ! morbleu 1 tu m'as engagé là dans une affaire qui ne va point aussi vite que je l'avais espéré ; nous restons longtemps dans un certain milieu, dont mon impatience ne me permet pas d'attendre la fin; et outre la répugnance naturelle que j'ai pour les moyens dont tu te sers, je ne vois pas bien encore comment tu prétends parvenir au but que tu t'es proposé.
Non?
VALÈRE
Non.
MERLIN
Oh bien ! J||ll donc plus d'esprit que vous ; car je vois clairement , moi, que pourvu que vous me laissiez faire, et que vous ne traversiez point mes desseins par vos impertinents scrupules, je vois, vous dis-je. Monsieur votre père et Madame Gérante dans la nécessité de faire tout ce que nous voudrons.
VALÈRE
Mais^ elle me presse de l'épouser.
MERLIN
Promettez tout; ce sera moi qui ferai dresser les articles.