ACTE V, SCÈNE VI
Madame patin, à Lucile.
Âhl petite coquette, ce sont vos minauderies qui m'ont enlevé le cœur du chevalier. Je ne vous le pardonnerai de ma vie.
LUCILE
Oui, ma tante ! il n'aimerait que moi sans vos quarante mille livres de rente. C'est moi qui ne vous le pardonnerai pas.
LE CHEVALIER
Oli ! Mesdames, il ne faut point vous brouiller pour une bagatelle ; et s'il est vrai que vous m'aimiez autant qu'il m'est doux de le croire, que celle qui a le plus d'envie de me persuader, fasse un effort sur elle-même, et me cède à l'autre. Je vous assure que l'infortunée qui ne m'aura point, ne sera pas la plus malheureuse.
MADAME PATIN
Je t'aime à la fureur, scélérat ; mais, j'aimerais mieux que ma nièce fût mort^, que de la voir jamais à toi.
LUCILE
Je défie lout le monde ensemble d'aimer autant que je vous aime ; mais, pour vous voir le mari de ma tante, c'est ce que je ne souffrirai jamais.
Voilà l'affaire dans sa crise.
LUaLE.
Ah ! ma tante, voilà mon père que j'entends.
MADAME PATIN
Cachez-vous vite. Monsieur le chevalier.