ACTE II, SCÈNE VII
LISETTE
Sa destinée vous fait donc envie ?
MARIANNE
Oui, je te l'avoue ; et si elle voulait, au hasard d'être tous les jours grondée de mon père, je lui promettrais de ne la quitter de ma vie.
LISETTE
Quoi ! pas même pour être mariée?
MARIANNE
Oh ! c'est autre chose ; quand je serai mariée ne serai-je pas la maîtresse , et ne ferai-je pay, comme elle, tout ce que je voudrai ?
LISETTE
Selon le mari que vous prendrez !
MARIANNE
Comment selon ? Oh ! je veux un bon mari, ou je n'en veux point !
LISETTE
Mais, si votre père vous en veut donner un à sa fantaisie ?
MARIANNE
Je ne le prendrai point s'il n'est à la mienne.
LISETTE
Fort bien. Et votre belle-mère, si elle vous proposait...
MARIANNE
Mais, Lisette, un mari de sa main me conviendrait assez, je pense.
LISETTE
Et de la mienne^ craindriez-vous d'être trompée ?
MARIANNE
De la tienne ?
LISETTE
Oui, parlez.
MARIANNE
Hom ! je devine ce que tu me veux, Lisette.
Vous le devinez ?
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MARIANNE
Oh que oui ! cela n'est pas bien difficile.
UISETTE.
Et que devinez-vous encore ?
MARIANNE
Que quelqu'un est amoureux de moi, et qu'on t'a priée de me le dire.
LISETTE
Gela est admirable !
MARIANNE
Et c'est pour savoir ce que je pense, que tu me parles de mariage.
LISETTE
Quelle vivacité I
MARIANNE
Oh I que je ne suis plus une petite fille ; et quoique je ne voie pas le monde> quand je suis seule, je rêve à bien des choses î Mais, dis vite, qu'as-tu à me faire savoir ?
LISETTE
Eh I puisque vous êtes si habile, ne pouvez-vous pas deviner le reste?
J'aurais trop à rougir, Lisette, si mes conjectui;es n'étaient pas justes !
LISETTE
Oh ! pour le coup, je devine à mon tour, et je ne suis pas moins pénétrante que vous î
MARIANNE
Eh I que pénètres-tu ?
LISETTE
Que vous êtes amoureuse.
MARUNNE.
Paix, Lisette!
LISETTE
Ne craignez rien , personne ne peut nous entendre.