LISETTE, MADAME AMELIN
LISETTE
Eh ! comment, c'est Madame Amelin ! Et qui vous ramène ici, Madame Amelin?
MADAME AMELIN
Ma pauvre Mademoiselle Lisette, je suis furieusèment intriguée.
LISETTE
Qu'y a-t-il donc?
MADAME AMELIN
Je ne sais ce que j'ai fait du diamant que vous avez tantôt apporté chez moi , me l'avez-vous laissé, ma chère enfant ?
LISETTE
Si je vous l'ai laissé, Madame Amelin ? la question est admirable ! Si je vous l'ai laissé ?
MADAME AMELIN
Ne faites point de bruit, ma chère, et n'en parlez point à Madame, il se retrouvera ; en tout cas, il n'y aura que moi (jui perdrai. C'est mon coquin de fîls qui aura mis la main dessus, sans doute.
LISETTE
Comment donc votre fils ? Vous avez des enfants qui se portent au bien comme cela, Madame Amelin ?
MADAME AMBLIN.
Que voulez-Tous? C'est un enfant gflté que Janot, qui fait quelquefois de petites mièvreries ; et, dans le fond, pourvu qu il le mette à bien, je ne m'en soucie pas.
LISETTE
Oh ! à ce compte, vous avez raison, et Monsieur Janot aussi, Maaame Amelin.
MADAME AMEUN.
Vous ne savez pas tout ce qu'il sait faire ; c'est un petit drûlé qui en sait bien long.
LISETTE, à part.
Je n'avais point encore remarqué que Madame Amelin fût folle.
MADAME AMELIN
Dites-moi un peu seulement : il y a ici une grande fille à marier ?
LISETTE
Oui. Pourquoi demandez- vous cela, Madame Amelin ?
MADAME AMELIN
Par conversation seulement, je n'y prends aucun intérêt, je vous assure ; mais elle ne sera point mariée crue je ne sois de la noce, c'est moi qui vous le dis, qui ne suis que Madame Amelin.
LISETTE
Vous serez de la noce ? Vous I vous !
MADAME AMELIN
Moi! moi! Ne parlez point à Madame de son diamant, il ne sortira point de la famille. Adieu Mademoiselle Lisette.
LISETTE, seule.
La bonne femme a perdu l'esprit : quel galimatias me vient-elle faire ? Notre diamant perdu... son fils Janot... une fille à marier... elle sera de la. noce... Je crois. Dieu me pardonne, qu'elle veut demander Marianne à son père pour ce petit mièvre de Janot ! La vieille folle I