‹ Théatre choisiChapitre 281 sur 496 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LE CHEVALIER, FRONTIN

LE CHEVALIER

Ma bonne femme de mère aura dit quelque chose mal à propos, Frontin !

FRONTIN

Il n'y a rien de gâté encore; mais il faut se hâter de conclure le mariage ; le billet s'expliquet-il en bons termes ?

LE CHEVALIER

Si j'en juge par le billet, mes affaires iront le mieux du monde.

FRONTIN

Assurément ?

LE CHEVALIER

Assurément.

FRONTIN

Puisqu'il en est ainsi, sans façon, Monsieur le chevalier , (Frontin se cou\yre) commençons par bannir la cérémonie !

LE CHEVALIER

Eh ! que fais-tu, Frontin ? Veux-tu me perdre ?

FRONTIN

Non, ce n'est pas mon intention; mais vous voilà en train d'attraper un bon mariage. Comment prétendez-vous que cela se passe entre vous et moi ?

LE CHEVALIER

Eh ! quel temps choisis-tu ?

FRONTIN

Parlons net, ou je vous trahirai. On a déjà ouï parler de Monsieur Janot, comme vous voyez ?

LE CHEVAUER.

Voilà un pernicieux maroufle !

FRONTIN

Ne vous fâchez point, et soyez Bon prince. Je suis votre serviteur, votre valet même quelquefois, dont j'enrage I Car, enfin, nous avons ét^ camarades d'école... Nous étions clercs chez le même procureur... On vous mit dehors pour la maîtresse, on me chassa, moi, nour la servante ; et, j'en conviens, vous avez eu ae tout temps les inclinations plus nobles que les miennes ; mais, cependant, il me déplairait fort de vous voir Monsieur pour toujours, et d'être pour toujours Frontin, moi.

LE CHEVALIER

Ah ! je te jure qu'aussitôt l'affaire terminée...

FRONTIN

Quand une affaire est termiiaée, elle est finie pour tout le monde ; il n'est rien tel que de faire marché : composons d'avance; assurez-moi ma petite fortune, et je vous permets d'achever la vôtre.

LE CHEVALIER

Dépêche-toi seulement.

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