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ACTE III, SCÈNE XII

FRONTIN

Vous m'avez donné, ce matin, un billet de soixante pistoles, pour les aller recevoir de ce commis de la douane...

LE CHEVALIER

Je te donne les soixante pistoles : voilà qui est fini?

FRONTIN

Point, Monsieur. Il y a encore ce diamant, que vous avez tantôt pris chez votre mère, et que vous m*avez dit de troquer contre de l'argent.

LE CHEVALIER

Ah ! Frontin I

FRONTIN

. Ah ! Monsieur, point de contestations, s'il vous plaît, je n'aime point qu'on me contredise, moi !

LE CHEVALIER

J'enrage ! Eh bien ! le diamant te demeurpra : seras-tu content?

FRONTIN

Il me faudra du linge, et quelque justaucorps un peu propre, pour me mettre en équipage seulement.

LE CHEVALIER

J'aurai soin de tout cela, je te le promets.

Vous me donnerez avec cela quelques bonnes habitudes, et tout ira bien. J'aide l'esprit; vous serez pourvu; je vous demande vos vieilles pratiques.

LE CHEVAUER.

Je ferai pour toi toutes choses.

FRONTIN, étant son chapeau.

Sur ce pied-là, reprenons la cérémonie : j'oublie l'égalité de nos naissances, et je vous regarde comme le^ gentilhomme de France le moins roturier.

LE CHEVALIER

Et si l'affaire ne réussit point?

FRONnN.

En ce cas, j'ai la conscience bonne, je vous rends tout ; il faut que chacun vive.

LE CHEVALIEH.

Tais-toi, Frontin, voici Lisette.

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