SCÈNE II. 37Î
le voudriez pas, vous, je sommes deux contre lin ; à la pluralité des voix, je serons mari et femme, ne vous en déplaise.
LISETTE
C'est une chose sûre ; mais, afin que les choses se fassent de bonne grâce, et que je le veuille bien aussi, c'est pour cela que tu veux faire fortune ?
LUCAS
Tout justement, vous l'avez deviné! J'aime à être riche, moi ; il m'est avis que ça est bian commode, Mademoiselle Lisette?
Tu as raison.
LUCAS
Ohl bian donc, comme je partagerons notre forteune, il n'y a point de danger de vous montrer ce que je vians de trouver.
LISETTE
Qu'est-ce que c'est?
LUCAS
Motus, au moins?
LISETTE
Est-ce quelque diamant?
LUCAS
Non.
LISETTE
Une bourse pleine d'or?
LUCAS
Non.
Quoi donc?
Un papier.
Quel papier?
LISETTE
LUCAS
LISETTE
Un papier dont j'ai bonne opinion, c'est tout
dire : le voilà. Tenez, il fait encore un tantinet
jour; VOUS savez lire ; voyez ce que c'est, car je n'y
entends goutte, oui ; mais, morgue! lisez donc tout
haut! Point de trahison, au moins?
LISETTE Ht.
« Madame votre mère m'est venue trouver : c( vous avez fort bien fait de lui mander naturel- « lement où vous êtes, le sujet qui vous y retient, « et les moyens qu'il y a de vous rendre service. <( Je suivrai de près le valet de chambre qui voas n porte ma lettre : tâchez de plaire, puisque voas « l'avez entrepris, et comptez qu'on n'épargnera 0 rien pour vous rendre heureux.
« Le chevalier d'Artimon. »
D'Artimon? C'est l'oncle d'Angélique !
LUCAS
Il n'y a, morgue, pas là de quoi faire fortune ! Mais, tatigué, que les gens sont sots d'empaqueter si bien si peu de cliose !
LISETTE
Où as-tu trouvé ce papier?
LUCAS
Auprès de la petite porte du jardin : je n'aurais, pargué, pas pris la peine de le ramasser, si j'eusse cru que c'eût été si peu de chose ! Vous en ferez votre profit, je vous le bâille.
Où vas-tu si vite ?
LUCAS
Je n'ai pas le temps de m'amuser; je m'en coui*s dire à Monsieur Bernard queuque chose que j'ai vu; car j*î ly dis tout, comme vous savez, c'est ce qui fait que je sommes si bons amis.