‹ Théatre choisiChapitre 331 sur 496 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

DORANTE

Mon rival? Que me dis-tu là?

l'olive.

Ne vous alarmez point : Angélique le hait en perfection ; et la cramte qu'elle a d'être à lui, la déterminera plus facilement à se donner à vous.

DORANTE

Ah ! mon pauvre l'Olive, je tremble à lui découvrir qui je suis, ce que je sens pour elle ; et je crains qu'elle ne s'effarouche, en apprenant ie d^essein que j'ai formé.

L*OLIVE

Qu'elle ne s'effarouche ? la crainte est bonne ! Eh ! allez ! allez. Monsieur ! les tilles d'aujourd'hui sont des animaux bien apprivoisés; elles ne s'effarouchent point qu'on les aime , et nous vivons dans un siècle fort aguerri.

Non, l'Olive, attendons, pour me déclarer, que le chevalier d'Artimon, son oncle, soit arrivé. Si j'en crois la lettre que son valet de chambre m'a rendue hier au soir, il ne doit pas tarder.

l'olfve.

Il ne doit pas tarder ; mais il tardera peut-être. Croyez-moi, Monsieur, il ^ a quatre ou cinq de mes camarades dans le village, qui n'attendent que vos ordres, pour entrer en action. Vous attendez, vous, le consentement de votre maîtresse? il faut le demander pour l'obtenir...

DORANTE

Mais enfin?

l'olive.

Mais enfin ? il faut venir au fait, et tout au plus vite : nous n'avons point de temps à perdre. Nous travaillons ici, depuis quinze jours, l'un et l'autre : moi, à gâter le jardin de Monsieur Bernard, et vous, à défigurer ses plafonds et ses cheminées ; car vous êtes un ti'ès mauvais peintre, et je ne suis pas bon jardinier, moi, sans contredit. La fourberie sera découverte avant terme, si nous ne nous hâtons d'en profiter. Voici la suivante, laisse/-

moi un peu causer avec elle. J'irai, dans un moment, vous rendre compte de la conversation.

DORANTE

Ne lui donne pas trop à connaître...

Laissez-moi faire^ je ne gâterai rien.

Page 1