‹ Théatre choisiChapitre 340 sur 496 · DORANTE, L'OLIVE · texte numérisé non relu

DORANTE, L'OLIVE

DORANTE

L'Olive?

l'olive.

Monsieur.

DORANTE

N'as-tu point entendu marcher? Ce sont elles, sans doute.

l'olive.

Non, Monsieur, je n'ai rien entendu; il n'y a encore personne; nous revenons de trop bonne heure ; et quoi€[ue la nuit soit des plus obscures, elle ne l'est point assez à ma fantaisie.

DORANTE

Que veux-tu? Les moments me durent des siècles, absent d'Angélique, et je ne puis me rendre trop tôt dans un heu où elle doit être, oh je lui ai parlé d'amour pour la première fois, et où j'espère la trouver sensible à ce que je souffre pour elle.

l'olive.

Gela est bien tendre ; mais, dites-moi un peu, Monsieur, si, par aventure, les belles consentent au voyage, cette affaire-ci me parait d'une nature à mériter que la justice s'en mêle ?

DORANTE

Gela peut arriver; elle s'en mêlera, sans doute.

l'olive.

Tant pis, je voudrais bien que cela se fit sans elle.

DORANTE

Pourquoi?

l'olive.

Elle est tracassière, la justice; elle fera des informations, des poursuites...

DORANTE

Nous nous tirerons bien d'affaire, cela s'accommodera.

l'olive.

Oui, cela s'accommodera pour vous; mais je serai peut-être pendu par accommodement, moi, ce sera un des articles. Ge Monsieur Bernard m'en veut diablement...

Je te réponds de tout, ne te mets pas en peine. Angélique ne vient pas encore?

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