‹ Théatre choisiChapitre 352 sur 496 · SCÈNE XXIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIII

MONSIEUR BEfiNARD.

Ouais! tout ceci commence à me déplaire! qu'est-ce donc que cela signifie ?

LE CHEVALIER

Vous étes-là, ma nièce, en bien mauvaise compagnie !

ANGÉLIQUE

Je m'y déplais beaucoup, mon oncle, je vous Tavoue.

Je le crois bien : ce sont les Petites-Maisons que cette maison-ci ? il faut en sortir au plus vite.

MONSIEUR BERNARD

On se moqiie ici de moi, je pense.

ANGÉLIQUE

Pour le peintre et le jardinier, ce sont des espèces de fous assez agréables. Si vous voulez bien, mon oncle, nous les emmènerons avec nous.

LE CHEVALIER

Volontiers, ma nièce.

l'olive.

Nous divertirons ces dames dans le voyage, Monsieur.

LE CHEVALIER

J'ai là mon carrosse : allons, venez.

MONSIEUR BERNARD

L'on prétend ainsi, malgré moi...

LE CHEVALIER

Doucement, s'il vous plaît. Monsieur Bernard, votre folie me parsdt dangereuse, vous demeurerez tout seul ; mais je vous ferai garder à vue, en attendant qu'on vous enferme, ou que votre bon sens vous revienne.

MONSIEUR BERNARD

Quoi! Angélique...

Adieu, Monsieur « je suis bien fâchée de votre accident ; nous nous re verrons quand vous serez plus sage.

MONSIEUR BEBNÀRD.

Ma pauvre Lisette ! empêche que...

LISETTE

Jusqu'au revoir. Monsieur, quand sa folie le prendra, recommandez qu'on ne le batte point : il vient d*en avoir assez, je vous assure.

MONSIEUR BERNARD

Quoi 1 tout le monde m'abandonne ?

DORANTE

Vous êtes persuadé de mon zèle et de ma fidélité, Monsieur? Je vais suivre votre maîtresse ; et je vous promets de l'entretenir, toute ma vie^ dans es bons sentiments qu'elle a pour vous.

MONSIEUR BERNARD

Hum ! je crève !

l'ouve.

Je laisse votre jardin en bon état. Souvenezvous quelquefois de moi, je vous prie. Ne donnez jamais de coups de bâton à vos jardiniers, ces marauds-là savent les rendre.

MONSIEUR BERNARD

Ah ! mon pauvre Lucas, je perds Angélique , que deviendrai-je î

Bon ! palsangué, que voulez-vous faire ? Ils ont biau dire, je ne sommes pas fous, je sommes les sots; et si j'avions épousé ces deux carognes-là, je l'aurions été bian davantage.

Fin du Tuteur.

LA

MAISON DE CAIPAGNG

COMÉDIE EN UN ACTE

REPRÉSENTéE, POUR LA PREBUÈRE FOIS, LE 27 JANVIER 1688.

PERSONNAGES

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