‹ Théatre choisiChapitre 415 sur 496 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

BLAISE

Que je sis amoureux de vous ; mais vous n'en saurez rian que vous ne le deviniais^. Je sens bien ça, je n'aurai jamais l'impertinence de vous le dire.

COLETTE

Ah ! tu feras fort bien de ne m'en point parler.

BLÂISE.

Oh ! tatigué, que je n'ai garde, vous en feriais de biaux contes I

COLETTE

Oh ! oui, je t'en réponds.

BLÂISE.

Stanpendant, je crois que ça me fera tourner la ç€u:veDe.

COLETTE

Gela serait fâcheux.

BLAISE

Oui, voirement, et si vous aviais l'esprit de deviner ça, et la bonté d'en être bian aise, je ne deviendrais peut-être pas fou, voyez-vous. Hé, allons, allons, marguenne , empêchez -moi de l'être !

COLETTE

Eh bien! va, nous verrons, laisse faire.

Commencez-vous à deviner un tantinet?

COLETTE

Oui, oui, j'entrevois quelque chose .

BLAISE

Entrevoyez-vous que je crève d'amour, et que c'est vous qui en êtes la cause?

COLETTE

Cela me paraît un peu comme tu le dis.

BLAISE

Ohî morgue, je dis vrai, je joue le franc jeu; et tenez, je ne bois point de vin queuque part où je me treuve, que je ne m'enivre tout bas à votre santé, Madame Colelte.

COLETTE

Gela est bien tendre.

BLÀISE.

Il ne me viant point de pensée d*amour, que ce ne soit pour vous.

COLETTE

Fort bien.

BLAISE

Et quand il m'en viant de mariage, c*est itou pour vous, Madame Colette.

Mais, tu me parles de ton amour bien familièrement, à ce qu'il me semble ?

BLAISE

Parguenne ! c'est que vous m'enbardissez ; et quand je sis une fois enbardi^ dame ! acoutez, je ne sis plus honteux : il n'y a qu'à me mettre en train et à me laisser faire.

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