ACTE I, SCÈNE VI
de vous, voyez? il n'y a pas plus de difficulté à Fun qu'à l'autre !
DE LORME
Oh! palsangué, je vous baise les mains; il y a de la difficulté des deux côtés, Monsieur Biaise.
BLAISE
Hé, oui, ça est vrai. Je ne veux pas l'un, vous ne voulez peut-être pas l'autre, vous?... et c'est ce qui fait que je ne sommes pas d'accord; mais, Madame Colette accommodera tout ça, aile n'a qu'à vouloir.
DE LORUE.
Aile n'a qu'à vouloir?
BLAlSE.
Hé, parguenne, oui. N'est-il pas vrai, Monsieu le Bailh? 11 y a comme ça queuquefois des pai'ents bourrus, des brutaux, qui ne voulont pas bailler leurs filles en mariage, et les filles parfois s'y baillont d'alles-mêmes. Comme on n'y entend point de mal, on va le grand chemin, et de queuque part qu'ailes viennent, on ne laisse pas de les prendre, et le biau-père est biau-père maugré ly, mais ne laisse pas de l'être ; vous comprenez bien. Madame Colette?
DE LORME
Comment, biau-père malgré ly I Oh ! parguenne, j'y bouterons queuque empêchement, Monsieur le Bailli I
LE BAILLI
Sans emportement. Monsieur de Lorme. Monsieur Biaise est un bon garçon, un honnête garçon, et pourvu qu'il nous promette de ne point épouser la meunière...
Hé, parguenne, il y a bon moyen de m'en empêcher : qu'on me bâille la nièce, il estbian sûr que je n'épouserai point la tante.
LE BAILLI
Il n'y a rien qui ne se puisse faire ; mais, en attendant, promettez-nous...
BLAISE
Si je vous le promettrai ! Je sommes déjà trois qui nous sommes baillé parole de ne vouloir
point d*alle, et stanpeadant je faisons la meine d*en vouloir biaucoup : et voyez comme je joue de malheur^ Monsieur le Bailli, je sis justement c'ti dont aile veut le plus !
LE BAILLI
Je le sais bien.
BLAISE
Aile voulait que je fissions aujourd'hui des accordailles, et comme je ne veux point d'épousailles, moi, il m'est avis que ces accordailles-là sériaient suparflues.
DE LORME
Hé oui, voirement.
BLAISE
Je Tamusons tous trois du mieux que je pouvons avec des Ménétriers par fois , de petites chansonnettes par ici, de petits régalements par ilà : quand je la trouvons trop bonne, je l'y faisons querelle ; je devenons bons, quand aile fait la meine, et drès qu'aile se radoucit, je li charchons noise. Aile nous r'aime comme ça tour à tour, et tour à tour, je faisons semblant de la r'aimer; mais je ne voulons jamais rian conclure.
LE BAILLI
Mais à quoi bon ces semblants-là ?
BLAISE
A quoi bon, Monsieu le Bailli ? morgue, les semblants ne sont que pour aile ; mais il y a du tout de bon pour les filles. \
DE LORME
Comment, du tout de bon ?
BLAISE
Oui, Monsieu Giflot en aime Tune, Monsieu de Lepeine est araoureux.de l'autre, et c'est moi qui envars aile manigance tout ça pour eux, sans que leur mère s'en doute, à condition qu'à la pareille ils maniganceront pour moi envars Colette, sans que Monsieu de Lorme s'en aperçoive. Oh! j 'avons morgue bian pris nos mesures !
DE LORME
Oh! oh! par^uenne, vêla qui est admirable, Monsieu le Baiiii !