ACTE I, SCÈNE VI
BLAISE
Vous serez, morgue, les dupes de ça, car j'y avons regardé.
C'est ce qu'il faudra voir.
BLAISE
Je sis le boudeux aujourd'hui, moi, à cause qu'aile voulait des accordailles. Monsieu de Lepeine est le régaleux, et Monsieu Giflot fera le jaloux. Dame ! voyez-vous, je nous divartissonscomme des petits rois. Les jeunes filles qui avont le mot, et qui savont que ça se fait pour l'amour d'elles, prenont leur part du divartissement. La meunière qui ne sait rian de rian, se divartit itou comme les autres, et par ainsi, je sommes tretous en joie.
DE LORME
Je vous le disais bian, Monsieu le Bailli^ ce sont morgue, des noces perpétuelles!
BLAISE
(On entend une symphonie.)
Oui, justement... entendez-vous? vêla Monsieu de Lepeine qui va leur bailler un plat de son métier.
LE BAILLI
Nous parlerons à loisir de tout cela. Monsieur de Lorme : il faut se conduire prudemment dans cette affaire-ci.
BLAISÉ.
Ils s'en allont envers là-bas, je pense. Eh! morguenne, que ne venont-ils envars ici? la pla^^e est plus belle, et vous trouveriais peut-être ça drôle?
LE BAILLI
Oui-da, oui-da, j'aime à voir qu'on se réjouisse.
C'est un tas de filles et de garçons habillés tretous comme des meuniers et des meunières, et Monsieu de Lepeine à leur tête, et tout ça, pour faire voir au monde qu'il ne méprise point le moulinage. Oh! ça est bian galant, voyez-vous?
LE BAILLI
Assurément. Allez^ ma filliole, allez vous joindre à ces jeunes filles, eL tâchez de les amener ici.
COLETTE
Elles ne demanderont pas mieux, mon psurrain, et ma tante aussi, j'en suis sûre.
BLAISE
Oh! palsanguenne, fen réponds itou, et j'allons vous amener toute la bande joyeuse.