ACTE II, SCÈNE X
LOUISON
Mais , comment ferons-nous dans la suite 7 Car quand on s'aime, c'est pour s'épouser, et ma mère ne me laissera jamais épouser Monsieur de Lépine.
MAROTTE
Ni à moi, Monsieur Giflot.
COLETTE
Oh ! dame I je ne les épouserai pas tous deux pour vous, cela ne se peut pas.
LOUISON
Et nous n'épouserons pas aussi Biaise à nous deux, voyez?
COLETTE
Vraiment non, il n'y a pas d'apparence.
MAROTTE
Eh hien ! donc , à quoi tout cela aboutira-t-il ? 11 vaudrait autant ne rien leur dire.
Si fait, si fait, parlons toujours, on verra après ce qu'on aura à faire.
COLETTE
Elle a raison : il y a des moyens pour tout. Nous sommes toutes trois d'intelligence, toutes trois filles, toutes trois amoureuses : nous na manquerons pas d'expédients.
MAROTTE
Oh! j'en trouverai quelqu'un, moi, j'en suis sûre.
LOUISON
Si j'en manque, ce ne sera pas faute d'y rêver.
COLETTE
Il m'en viendra sur-le-champ, à moi, j'en réponds. Voici vos deux amants ensemble.
MAROTTE
Ils sont encore en habit de meunier.
COLETTE
C'est bon signe pour les meunières. Allez-vous-en parler à Biaise, et ne négligez pas mon affaire ; j'aurai soin des vôtres.