SCÈNE X
MADAME GÉRANTE, ANGÉLIQUE, LISETTE, MONSIEUR ORONTE, VALÈRË, UN NOTAIRE, MERUN.
MERLIN
Allons, allons, de la joie, voici de quoi est le triomphe; allons. Monsieur, donnez-moi, que je signe, s'il vous plaît.
VALÂRE.
Quoi ? que veux-tu signer ?
MERLIN
Un contrat pour Lisette et pour moi, afin de vous montrer comme il faut faire. Signe, toi : allons, morbleu, vive Tamour, il ne faut point tant de façons 1 A vous, maintenant.
LE NOTAIRE
Par devant les notaires garde notes, etc.
MONSIEUR ORONTE
il n'esipas besoin de cela. Monsieur.
MERLIN
Monsieur n'y entend pas plus de finesse que moi.
MONSIEUR ORONTE
Oui^ Monsieur, je signe tout aveuglément.
Et j'en veux faire autant.
MERLIN
Dépéchez-vous : voilà deux plumes, signez-en chacun un.
Signez donc maintenant, vous.
MERLJN.
Oh ! c'est de tout leur cœur, n'est-ce pas ? Il y a longtemps qu'ils attendaient ce moment-là : que les voilà aises ! Je vous l'avais bien promis que cela arriverait, moi. Allons, à vous, Monsieur. Eh bien ! que dites-vous de ces deux jeunes gens-là ?
LE NOTAIRE
Monsieur aurait eu peine à faire un meilleur choix.
MONSIEUR ORONTE
Gomment? qu'est-ce que cela veut dire ? c'est ma femme à moi.
LE NOTAIRE
Pardonnez-moi, Monsieur.
MONSIEUR ORONTE
Comment, pardonnez-moi ? je vous dis que c'est ma femme !
LE NOTAIRE
Vous vous moquez. Monsieur, cela ne se peut pas.
MONSIEUR ORONTE
Je vous dis que cela est.
LE NOTAIRE
Cela ne se peut pas, vous dis-je.
MONSIEUR ORONTE
Ouais !
Que diantre voulez-vous disputer contre Monsieur? Il le sait mieux que vous, c'est lui qui a fait le contrat, une fois.
Q u'est-ce que c'est donc î
VALÈRE
Monsieur veut que ce soit Mademoiselle votre fille que j'épouse.