ACTE III, SCÈNE X
LE NOTAIRE
Assurément ; je viens de marier Monsieur avec Madame, et vous avec Mademoiselle.
MONSIEUR ORONTE
Ce n'est pas cela. Oh ! il y a du malentendu.
Voas vous êtes mépris, Monsieur.
LE NOTAIRE
Pardonnez-moi, Madame, je ne me suis point mépris, cela ne peut pas être autrement. Quoi I vous, épouser un jeune homme, et Monsieur une jeune fîlle?
MERLIN
Vous avez raison, l'on ferait charivari à leurs noces.
LE NOTAIRE
Je n'ai garde de faire des mariages comme ceux-là, tous mes confères se moqueraient de moi.
Valère !
VALÈRE
Puisque Monsieur le veut. Madame, j'en suis content pour moi.
MONSIEUR ORONTE
Mademoiselle !
ANGÉLIQUE
Je trouve. Monsieur, que Valère a raison.
LISETTE
Est-ce que vous voulez que Monsieur ait la peine de récrire tout cela ?
MERLIN
Oui, allez, Monsieur, vous n'avez plus que faire
MONSIEUR ORONTE
Oui ! VOUS nous jouez ainsi ? oh ! vous n'aurez pas un sol de moi.
Ni de moi, je vous assure.
Oh ! VOUS venez de signer le contraire.
MONSIEUR ORONTB.
Comment ?
MERLIN
En bonne forme, demandez à Monsieur.
Fourbe !
Coquin !
MONSIlgUR OEONTE.
MERLIN
La, la, la, la, ne vous fâchez peint, la colère fait mal ; vous avez mis votre bien à fonds perdu pour vous ; mais, il ne l'est point pour la famille : vos enfants sont honnêtes gens, ils auront soin de vous et des enfants qui vous viendront.
MONSIEUR ORONTE
J'enrage !
Je suis au désespoir !
MERLIN
Eh bien, ne vous ai-je pas tenu parole ? Voilà Monsieur votre père et Madame votre mère mariés ensemble, lorsau'ils s'y attendaient le moins ; qu'ils consomment le mariaçe, si bon leur semble. Songeons à ce qu'il faut faire pour le vôtre, et rendez grâce au ciel, que les extravagances de vos parents ne soient point sorties de leurs familles.
Fin des Fonds perdus.
LA
COMÉDIE EN UN ACTE
REPRéSENTéE FOUR LA PREMIÈRE FOIS EN L^AMN^E 1687.
PERSONNAGES
DORnUÂNB, mère d*Aiigéliqiie.
ANGÉLIQUE, fille de Dorimène.
LA COMTESSE