DE LORME, COLETTE
DE LORME
Ah! ah! les cousines s'enfuyont; je crois. Dieu me pardonne, qu'ailes avont peur de moi ; c'est que je sais de leurs petites fredaines, voyez-vous ; mais, stanpandant, je ne leur veux point de mal, et la belle-sœur est une bonne femme, qui mérite bian ce qui lui arrivera.
COLETTE
Comment , mon père ?
DE LORME
Et rian ! rian I c'est une obstinée qui ne veut point les marier.
COLETTE
Je crois pourtant qu'elles seraient bien aises d'être mariées.
DE LORME
Elles avont raison ; mais leur mère est une goulue qui veut tout pour elle.
COLETTE
Oh ! elle a beau vouloir, elle n'aura personne.
DE LORME
C'est une bourrue, une capricieuse, qui ne veut tant seulement pas que ces pauvres filles jasiant un tantinet avec leurs amoureux.
COLETTE
Cela est bien dur, n'est-ce pas ?
DE LORME
Eh ! fi ! morgue ! c'est une moquerie.
COLETTE
Au moins, mon père^ je n'ai pas parlé à Biaise depuis que vous m'avez dit que ^^ous ne le vouliez pas.
DE L0RM6.
Tu as fort bian fait. Ce n'est pas de même ; j'ai raison, moi, vois-tu, et ce que j'en fais, n'est pas que je veuille épouser Biaise ; mais ta tante aile est amoureuse des amoureux qu'avont ses filles, et c'est pour ça qu'aile les gourmande.
COLETTE
Oh I vraiment ? vraiment ? ces gourmanderies-là vont être cause de quelque chose de beau !
DE LORME
Comment ?
COLETTE
Elles s'en vont faire un pèlerinage , pour tâcher de rendre ma tante raisonnable.
DE LORME
Un pèlerinage ? Ailes faisont fort bian.
COLETTE
Oui? mais vous ne savez pas qu'elles ne sont pas toutes seules, et qu'il y a des pèlerins qui vont avec elles ?
DE LORME
Bon ! tant mieux ! c'est bian avisé de prendre compagnie; ailes ne s'ennuyront pas dans les chemins.
COLETTE. -
Oh ! vraiment non ! c'est Monsieur Giflot et Monsieur de L épine qui font aussi ce pèlerinage-là.
DE LORME
Tatigué I que ça va bian ! vêla ce que je demandons.
COLETTE
Vous trouvez qu'elles font bien ?
DE LORME
Comment, bian ! ailes faisont à marveille, et je n'en voudrais pas tenir cent bons écus.