‹ Théatre choisiChapitre 462 sur 496 · SCÈNE T · texte numérisé non relu

SCÈNE T

CLETANDRE.

Comment, mon oncle?

LÉPINE

Oui, Monsieur, Madame Julienne la Meunière est, comme vous savez, la tante de votre charmante Colette...

Eh bien?

LÉPINE

Eh bien ! Monsieur, je trouve dans la personne de la tante tout ce que vous trouvez dans celle de la nièce ; et comme je ne m'oppose point à votre satisfaction , vous ne voudrez pas mettre obstacle à ma petite fortune, peut-être ?

CLITANDRE

Quelles visions tu te mets dans la tête ! Toi, épouser Madame Julienne ! il faut auparavant qu'elle devienne veuve.

LÉPINE

Oh ! elle l'est, Monsieur, le meunier est défunt, sur ma parole.

CLITANDRE

Tu ne sais ce que tu dis, cela n'est point.

LÉPINE

Que diantre serait-il donc devenu? On l'a assommé quelque part, sur ma parole; tout le monde le croit, du moins ; et il faut que Madame Julienne en soit bien sûre, elle ; car, depuis quelques jours, elle est d'un contentement, d'une gaieté...

CLITANDRE

Je lui pardonnerais de ne le pas regretter : un fou, un imbécile, qui, sans la résistance de sa femme, aurait rendu sa pauvre petite nièce malheureuse.

LÉPINE

Il prétendait la marier à Monsieur le Bailli, et ce Monsieur le Bailli n'a pas encore renoncé tout à fait à ses prétentions.

CLITANDRE

il peut se flatter lant qu'il lui plaira, mais la tante est dans mes intérêts.

LÉPINE

Vos affaires sont en bonnes mains ; c'est une maltresse femme. La voici^ Monsieur.

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