JULIENNE, CLITANDRE, LÉPINE
JULIENNE
Votre sarvante , Monsieu Clitandre. Eh bien ! qu'est-ce? êtes-vous toujours bian amoureux de ma nièce? terminerons-je cette affaire-là? Il ne faut point tant barguigner, je ferons le contrat quand vous voudrez. A quand la noce ? que j'y danserai de bon cœur ! je ne me suis jamais sentie si fort en joie.
LÉPINE
Oh ! le bonhomme Julien est trépassé, il n'y a point de milieu.
CLITANDRE
Que je suis ravi, ma chère Madame Julienne, de vous trouver dans ces sentiments ! si ceux de votre charmante nièce m'étaient aussi favorables...
JULIENNE
Seriais-vous encore à vous en apercevoir? Et depuis un mois que son bourru d'oncle a quitté le moulin, n'avez-vous pas eu tout le temps et toute la commodité de lui conter vos raisons, et de savoir ce qu'elle a dans l'âme?
CLITANDRE
Je crois lire dans ses yeux et dans ses manières qu'elle n'est pas insensible à ma tendresse ; mais j ai beau la presser à consentir à l'union que vous voulez faire , l'éloignement de votre mari , le dessein qu'il avait de lui faire épouser ce malheureux bailli, la crainte où elle est qu'à son retour il ne fasse éclater son ressentiment contre vous...
JULIENNE
De quoi se mêle-t-elle? sont-ce là ses affaires? Je veux le fâcher, moi, je veux qu'il me querelle, en cas qu'il me revienne, dà, car...