SCÈNE XI
DORIMÈNE, LA COMTESSE, L'INTENDANTE, ANGÉLIQUE, CLITANDRE, ÉRASTE, LISETTE.
DORIMÈNE
Ah ! VOUS voilai D'où venez-vous, Angélique?
ANGÉLIQUE
Je viens de votre chambre, où j'ai laissé Monsieur le chevalier, qui joue au piq^uet avec un ieune homme que je ne connais point. Dorante les regarde jouer.
LISETTE
Ma foi, je ne les ai regardés qu'un moment, et la tête m'en fait mal. Il n'y a rien de plus triste que ce piquet; et c'est ce jeu là qu'il fallait défendre, et non pas le lansquenet^ qui est le plus beau jeu du monde, le plus universel, et celui où l'on peut faire le moins de friponneries.
CLITANDRE
Mais^ cela me passe en effet. Attaquer directement ce pauvre lansquenet, et souffrir tous les autres jeux.
LISETTE
Oui, pourquoi ne pas défendre ces vilains jeux d'exercice, où l'on gagne le plus souvent de bonnes pleurésies, et où l'on court risque à tous moments d'être assommé de quelques coups de balle ?
Oh I pour moi, je vous réponds que si on ne rétablit le lansquenet, j'apprendrai à jouer à la paume, assurément. Car enfin, il faut bien qu'une femme de qualité joue, et je ne comprends pas qu'il y ait d autres jeux pour les gens de quahté, que la paume et le lansquenet. N'est-il pas vrai, ma mignonne ?
ANCrÉLIQUE.
Vous avez raison. Madame.