SCÈNE VII
LE CHEVALIER, GRISPIN.
CRISPIN
Ah! vous voilà, Monsieur! je vous cherchais partout pour vous dire que la baronne.,.
LE CHEVALIER
Paix ! paix ! tais-toi ! Ne vois-tu pas où nous sommes ?
CRISPIN
Oui, Monsieur, mais la baronne...
LE CHEVALIER
Eh ! ventrebleu I maraud, ne t'ai-je pas dit que quand je suis chez une femme, je ne veux point que tu me viennes parler d'aucune autre.
CBISPIN.
Cela est vrai. Mais, Monsieur, cette baronne...
LE CHEVALIER
Mais, mo^isieur le fat, taisez-vous, encore une fois; et ne venez point gâter une affaire qui est peut-être la meilleure qui me puisse arriver
CRISPIN
Oh ! oh ! Quoi, Monsieur, la maîtresse du logis
Earle-t-elle de mariage, et songez- vous à Tépouser ? 'aimez-vous ?
LE CHEVALIER
Moi , l'aimer ? Pauvre sot !
CRlSPIN.
De quelle affaire parlez-vous donc?
LE CHEVALIER
Je l'épouserai si je veux; mais je la hais comme la peste, et ce ne serait pas elle que j'épouserais.
CRISPIN
Non ? Le diable m'emporte si je vous entends !
LE CHEVALIER
Ce serait quarante mille livres de rente qu'elle possède, dont je pourrais être amoureux.
CRISPIN
C'est-à-dire que ce sont les quarante mille livres de rente que vous épouseriez en Tépousant?
LE CHEVALIER
Et quoi donc? Si j'avais à aimer, ce ne serait pas Madame Patin, Dieu me damne !
CRISPIN
Ce ne serait pas aussi la vieille baronne; car vous lui promettez tous les huit jours de l'épouser dans la semaine, et il y a près d'un an que vous l'amusez.
Si la baronne avait gagné ses procès, je la préférerai à Madame Patin ; et quoiqu'elle ait quinze ou vingt années davantage, ses procès gagnés lui donneraient quinze ou vingt mille livres de rentes de plus que n a Madame Patin.