ACTE I, SCÈNE VII
cocher et un gros barbet qui ont amené tout cela, et que je vais renvoyer, puisque vous le voulez.
LE CHEVALIER
Non , non , demeure. Cette pauvre femme ! Elle m'aime dans le fond, et je ne veux pas la fâcher.
CRISPIN
Vous avez raison ; mais vous ne songez pas que Madame Patin...
LE CHEVALIER
Je songe que Madame Patin aime le grand air et le grand équipage. Le carrosse est beau?
CRISPIN
Il est des plus beaux qui se portent.
LE CHEVALIER
Cette pauvre baronne î Et les chevaux ?
CRISPIN
Les chevaux sont des chevaux qui ont Fair aisé. Vous n'en avez jamais encore eu comme ceux-là.
LE CHEVALIER
La pauvre femme ! Va, va-t'en lui dire que je la remercie, et que j'aurai l'honneur de la voir cette après-dînée.
CRISPIN
Oh ! sans vous, il n'y a rien à faire ; et je m'en vais gager qu'elle emmènera les chevaux, le carrosse et le barbet, si vous ne venez les recevoir vous-même ; et encore faut-il vous dépêcher, car elle a des affaires, et il me semble qu'elle m'a dit qu'un de ses procès se jugeait demain sans faute.
LE CHEVALIER
Eh bien ! dis-lui seulement que je la verrai aujourd'hui sans y manquer.
CRISPIN
Vous lui avez manqué vingt fois de parole. Voulez-vous qu'elle se lie à la mienne ?
LE CHEVALIER
Voilà Madame Patin. Va vite faire ce que je ♦ dis.
CRISPIN
Parbleu! vous viendrez, puisque vous voulez garder l'équigage.
LE CHEVALIER
Tais-toi donc, maraud, et laisse-moi sortir honnêtement d'avec celle-ci.