‹ Théatre choisiChapitre 88 sur 496 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

cocher et un gros barbet qui ont amené tout cela, et que je vais renvoyer, puisque vous le voulez.

LE CHEVALIER

Non , non , demeure. Cette pauvre femme ! Elle m'aime dans le fond, et je ne veux pas la fâcher.

CRISPIN

Vous avez raison ; mais vous ne songez pas que Madame Patin...

LE CHEVALIER

Je songe que Madame Patin aime le grand air et le grand équipage. Le carrosse est beau?

CRISPIN

Il est des plus beaux qui se portent.

LE CHEVALIER

Cette pauvre baronne î Et les chevaux ?

CRISPIN

Les chevaux sont des chevaux qui ont Fair aisé. Vous n'en avez jamais encore eu comme ceux-là.

LE CHEVALIER

La pauvre femme ! Va, va-t'en lui dire que je la remercie, et que j'aurai l'honneur de la voir cette après-dînée.

CRISPIN

Oh ! sans vous, il n'y a rien à faire ; et je m'en vais gager qu'elle emmènera les chevaux, le carrosse et le barbet, si vous ne venez les recevoir vous-même ; et encore faut-il vous dépêcher, car elle a des affaires, et il me semble qu'elle m'a dit qu'un de ses procès se jugeait demain sans faute.

LE CHEVALIER

Eh bien ! dis-lui seulement que je la verrai aujourd'hui sans y manquer.

CRISPIN

Vous lui avez manqué vingt fois de parole. Voulez-vous qu'elle se lie à la mienne ?

LE CHEVALIER

Voilà Madame Patin. Va vite faire ce que je ♦ dis.

CRISPIN

Parbleu! vous viendrez, puisque vous voulez garder l'équigage.

LE CHEVALIER

Tais-toi donc, maraud, et laisse-moi sortir honnêtement d'avec celle-ci.

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