‹ Théatre choisiChapitre 90 sur 496 · ACTE I, SCÈNE YlII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE YlII

cRispiN, bas au chevalier, f Le carrosse s*ennuiera sous la remise.

' LE CHEVALIER

Paix!

MADAME PATIN

Que dit Grispin ?

ICRISPIN.

Rien, Madame.

f MADAME PATIN.

Passons dans mon cabinet, nous y serons mieux qu'ici.

CKisPiN, bas au cfievalier.

Les chevaux s'impatienteront, vous dis-je.

LE CHEVALIER

Te tairas-tu?

MADAME PATIN

Allons, Monsieur le chevalier.

CRISPIN

^ Adieu l'équipage.

) MADAME PATIN

A qui en a-t-il? Que parle-t-il d'équipage?

LE CHEVALIER

Je ne sais. Madame, ce qu'il marmotte entre ses dents : de carrosse, de chevaux, d'équipage. C'est t- mon sellier qui m'attend, n'est-ce pas?

I CRISPIN

Oui, Monsieur.

LE CHEVALIER

M'a-t'on amené ces deux chevaux neufs ?

CRISPIN

Oui, Monsieur, et ils vous attendent, comme je vous ai dit.

LE CHEVALIER

Je vous demande pardon. Madame, c'est un nouveau carrosse que je me donne. Je sais que je vous fais plaisir de me bien mettre en équipage , et je meurs d'impatience de voir si vous devez être contente de celui-ci.

MADAME PATIN

Je vads le voir avec vous ; et puisque c'est pour me plaire que vous faites cette dépense, je serai bien aise (f être la première à vous en dire mon sentiment. Allons.

LE CHEVALIER

Ah! Madame, songez de grâce...

MADAME PATIN

A quoi ? Monsieur le chevalier.

LE CHEVALIER

Eh! Madame...

LE CHEVALIER

Que dirait-on, Madame, dans le monde, des petits soins qu'on vous verrait prendre ? Cela seul suffirait pour découvrir ce que nous avons intérêt de cacher; et je serais au désespoir que quelques soupçons nous attirassent de chagrinantes remontrances de votre famille et de la mienne.

CRISPIN

Assurément, Madame, et il ne serait pas honnête que mon maître essayât son carrosse devant vous. La femme de son sellier est une causeuse...

LE CHEVALIER

Oui, Madame, il y a des suites à craindre, que je prévois, et que je ne saurais vous dire. Adieu, Madame, je reviendrai dans un instant, si vous voulez me le permettre...

MADAME PATIN

Adieu donc, chevalier. Ne tardez pas, je vous prie, et passez chez votre notaire pour ce que vous savez.

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