SCÈNE III
MADAME PATIN, LISETTE
LISETTE
Voilà un sot homme, de ne pas dire d'abord les choses. 11 était bien besoin de tout ce préambule, pour en venir à l'affaire de M. Migaud. Que ne s'expliquait-il dès en entrant, v(»us lui auriez dit oui tout aussitôt, et il ne vous aurait pas tant ennuyée.
MADAME PATIN
Eh! ne faut^il pas bien qu'il me fatigue? 11 semble qu'il ne soit fait que pour cela.
LISETTE
Franchement, Madame , il m'ennuie quelquefois, pour le moins autant que vous.
MADAME PATIN
Que je le hais ! Je ne serai point satisfaite, qu'il ne lui soit arrivé quelque aventure désespérante.
LISETTE
Il le mérite bien ; et quand vous serez une fois belle-mère de sa fille, vous aurez bien des occasions de le désespérer.
MADAME PATIN
La belle-mère de sa fille! Moi? Tu n'y songes pas, Lisette. Ne t'ai-Je pas tantôt fait confidence de l'affaire du chevalier?