SCENE VII JULIE, VEUVE RENAUDIN
VEUVE RENAUDiN, la suivant des yeux.
Elle est toute pâlotte, cette petite... On devrait la purger... Et puis, tu la rendras nerveuse à force de causer. Cela m'agace de voir s'éterniser vos colloques. C'est pour cela que je l'ai grondée de n être pas venue m'aider à cueillir mes fleurs. Si vous aviez fait une partie de volants sur la pelouse, je me serais bien gardée de vous déranger.
JULIE Nos conversations ne peuvent que la pousser au bien.
VEUVE RENAUDIN Tu ne t'en aperçois pas, avec son air tranquille c'est une tête chaude que cette fillette. Ne viens-tu pas de l'entendre ?... « Le Bon Dieu n'y perdra rien !... On ne peut pas savoir ! »... Prends garde qu'elle n'aille prendre ta place au couvent.
JULIE
Quand cela serait !...
VEUVE RENAUDIN Tu t'en es bien trouvée, n'est-ce pas ?
JULIE Je n'avais pas la vocation. Une foule d'autres l'ont.
VEUVE RENAUDIN Et puis songe à sa mère qui resterait seule. Sa position serait lamentable. Elle n'est pas de force à supporter l'isolement. Ce serait sa fin.
JULIE, les yeux étincelants, mais la voix molle et d'un ton . neutre. Quelle idée !
RIDEAU