‹ Théâtre choisi illustréChapitre 111 sur 191 · AC'IE IV ~ V · texte numérisé non relu

AC'IE IV ~ V

ALZIRE

Ainsi, grâces aux cieux, ces métaux détestés

Ne servent p>as toujours à nos calamités.

Ah ! ne perds point de temps : tu balances encore !

ÉMIRE

Mais aurait-on juré la perte de Zamore? Alvarez aurait-il assez peu de crédit?

Et le conseil enfin...

ALZIRE

Je crains tout, il suffit.

Tu vois de ces tyrans la fureur despotique ; Ils pensent que pour eux le ciel fit l'Amérique, Qu'ils en sont nés les rois ; et Zamore à leurs j'cux. Tout souverain qu'il fut, n'est qu'un séditieux. Q>nseil de meurtriers ! Gusman ! peuple barbare ! Je préviendrai les coups que votre main prépare. Ce soldat ne vient point ; qu'il tarde à m'obéir !

ÉMIRE

Madame, avec Zamore il va bientôt venir ; . a «^ jA^ t^, \^

Il court à la prison. Déjà la nuit plus sombre v UJCUa^^^ ^^ Couvre ce grand dessein du secret de son ombre '.j f)LAu^<Lu.<X. \SMj ^"^ Fatigués de carnage et de sang enivrés, / tS' " f ^ '■V' ' \ Ài

Les tyrans de la terre au sommeil sont livrés. V ^ * ^ aXéU^ ^/>tu«i/

/J;^\^Ji. '. ALZIRE VJUAHtaH' A'awaL ^H^

Allons, que ce soldat nous conduise à la porte ; UAm\

Qu'on ouvre la prison, que l'innocence en sorte.^î^l-^

ÉMIRE J--

II vous prévient déjà ; Céphane le conduit : Mais si l'on vous rencontre en cette obscure nuit. Votre gloire est perdue, et cette honte extrême...

ALZIRE

Va, la honte serait de trahir ce que j'aime.

Cet honneur étranger, parmi nous inconnu.

N'est qu'un fantôme vain qu'on prend pour la vertu ;

C'est l'amour de la gloire, et non de la justice,

La crainte du reproche, et non celle du vice.

j . Voltaire avait déjA écrit dans sa tragédie de Brutus :

. . , Dé>Â la Quit pliB somlve Voil« DOS graods desseins du secret de son ombre.

(Acte IV, scéoe v.)

136 — ALZIRE

Je fus instruite, Érnirc, en ce grossier climat, A suivre la vertu sans en chercher l'éclat. L'honneur est dans mon cœur, et c'est lui qui m'ordonne De sauver un héros que le ciel abandonne.

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