‹ Théâtre choisi illustréChapitre 121 sur 191 · SCÈNE IV, — ZAMORE enchaîné. ALZIRE, gardes · texte numérisé non relu

SCÈNE IV, — ZAMORE enchaîné. ALZIRE, gardes

ZAMORE

C'est ici qu'il faut périr tous deux.

Sous l'horrible appareil de sa fausse justice, Un tribunal de sang te condamne au supplice. Gusman respire encore ; mon bras désespéré N'a porté dans son sein qu'un coup mal assuré : Il vit pour achever le malheur de Zamore ; Il mourra tout couvert de ce sang que j'adorç^j Nous périrons ensemble à ses yeux expirants ; Il va goûter encor le plaisir des tyrans. Alvarez doit ici prononcer de sa bouche L'abominable arrêt de ce conseil farouche. C'est moi qui t'ai perdue, et tu péris pour moi.

ALZIRE

Va, je ne me plains plus ; je mourrai près de toi. Tu m'aimes, c'est assez ; bénis ma destinée. Bénis le coup affreux qui rompt mon hyménée ; Songe que ce moment, où je vais chez les morts. Est le seul où mon cœur peut t'aimer sans remords. Libre par mon supplice, à moi-même rendue, Je dispose à la fin d'ime foi qui t'est due. L'appareil de la mort, élevé pour nous deux. Est l'autel où mon cœur te rend ses premiers feux. C'est là que j'expierai le crime involontaire De l'infidélité que j'avais pu te faire.

I . Variante. Ce vers et le^ trois suivants ne sont pas daiu ks Mitions de 1736.

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