‹ Théâtre choisi illustréChapitre 120 sur 191 · SCÈNE III. — ALZIRE · texte numérisé non relu

SCÈNE III. — ALZIRE

O ciel ! anéantis ma fatale existence.

Quoi ! ce Dieu que je sers me laisse sans secours !

Il défend à mes mains d'attenter sur mes jours !

Ah ! j'ai quitté des dieux dont la bonté facile

Me permettait la mort, la mort, mon seul asile.

Eh ! quel crime est-ce donc, devant ce Dieu jaloux ',

De hâter un moment qu'il nous prépare à tous?

Cette plainte et <y« doute sont dans la bouche d'une chrétienne nonvelle (V

note dt 1736)^

142 — ALZIRE

Quoi ! du calice amer d'un malheur si durable * Faut-il boire à longs traits la lie insupportable? Ce corps vil et moi tel est-il donc si sacré Que l'esprit qui le meut ne le quitte à son gré? Ce peuple de vainqueurs, armé de son tonnerre, A-t-il le droit affreux de dépeupler la terre. D'exterminer les miens, de déchirer mon flanc? Et moi je ne pourrai disposer de mon sang? Je ne pourrai sur moi permettre à mon courage Ce que sur l'univers il permet à sa rage? Zamore va mourir dans des tourments affreux. Barbares !

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