‹ Théâtre choisi illustréChapitre 126 sur 191 · NOTICE HISTORIQUE ET ANALYTIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE ET ANALYTIQUE

r A tragédie de Mérope, écyile de 1736 à 1737, corrigée en 173S, -Lj fut représentée seulement le 20 février 1743 au Théâtre-Français. Le succès qu'elle remporta fut éclatant et la cabale dut se taire. La valeur de l'œuvre s'accrût encore du talent de la principale interprète, M"° Dumesnil. Sous la Convention, Mérope fut interdite ; les patriotes s'indignaient qu'on y vît paraître une reine en deuil pleurant son époux : on pouvait découvrir une dangereuse allusion. Le sujet de Mérope est un de ceux que l'antiquité admirait le plus. Euripide l'avait traité dans son Cresphonte, qui ne nous est pas parvenu. Plusieurs auteurs modernes mirent cette matière en œuvre. L'italien Maffei fit jouer à Modène en 17 14 îitie Mérope qui eut un vif succès. Voltaire, après avoir songé simplement à la traduire, résolut d'en faire une adaptation conforme au goût français. Mérope est la plus régulière, la plus classique de ses tragédies. Aussi, sans être autant admirée qu' elle le fut au xvîîi^ siècle, Mérope est-elle restée en estime auprès des lettrés.

Acte I^', — Cresphonte, roi de Messène, a été autrefois assassiné par des brigands de Pylos. Un de ses fils, Egisthe, a pu être dérobé au massacre par le fidèle Narbas. Mérope, la veuve de Cresphonte, pense toujours à son fils, à qui seul doit appartenir la couronne, mais elle ne sait ce que Narbas et lui sont devenus. Un des chefs messéniens, Polyphonte, s'est fait le tyran du pays ; il désire être

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voi. Pour légitimer son pouvoir, il vient proposer à Mévope de V épouser, mais elle s'y refuse.

Acte II. — On annonce à Mérope qu'un jeune étranger, coupable d'un mettrtre, vient d'être arrêté. Elle le fait venir et l'interroge. Bientôt, grâce à une armure ensanglantée, elle croit reconnaître en lui l'assassin de son fils. Cependant Polyphonie est acclamé roi par le peuple ; il envoie à nouieau detnander à Mérope sa main. Elle y consent à condition qu'on lui laisse exécuter elle-même l'assassin de son fils.

Acte III. — Narbas arrive à Messène, sans ramener Egisthe à sa mère, car le jeune prince l'a quitté. Mérope paraît alors, et l'on amène celui qu'elle prend pour l'assassin d'Egisthe. Elle va le sacrifier sur le tombeau de Cresphonte, lorsque Narbas surgit et reconnaît Egisthe ; il révèle à Mérope qu'elle était sur le point de tuer son propre fils et d'épouser le véritable meurtrier de son époux.

Acte IV. — Le tyran est inquiet ; il décide de faire tuer luimême le prisonnier. Au moment oit les soldats vont le frapper, Mérope le déclare son fils et supplie Polyphonie de le sauver. Il y consent si elle veut l'épouser.

Acte V. — Polyphonie ordonne à Egisthe de venir au temple lui jurer fidélité tandis qu'il va épouser Mérope. Egisthe obéit, mais, aît lieu de rettdre hommage à Polyphonie, il le frappe et le tue. Le peuple aussitôt prend son parti et le proclame roi.

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