‹ Théâtre choisi illustréChapitre 13 sur 191 · VarianU · texte numérisé non relu

VarianU

Si longtemps de ses nobles charmes.

Voilà en partie, mon cher l'aiker.er, Vr, raisons pour lesquelles je prends congé, comme je le crois, et comme je ne l'assure pourtant pas, de cotre théâtre français. Permettez-moi d'ajouter à cette épttre dédicatoire, dictée par mon cœur et par ma liberté, une petite pièce de vers assez connue dans ce pays-ci, et qui trouve naturellement sa place a la tète de cjttc tragédie. C'est etc..

24 — ZAÏRE

Tout semble ramener les Français à la barbarie dont Loui^ XIV et le cardinal de Richelieu les ont tirés. ^lalheur aux politiques qui ne connaissent pas le prix des beaux-arts ! La terre est couverte de nations aussi puissantes que nous. D'où vient cependant que nous les regardons presque toutes avec peu d'estime? c'est par la raison qu'on méprise dans la société un homme riche dont l'esprit est sans goût et sans culture. Surtout ne croyez pas que cet empire de l'esprit, et cet honneur d'être le modèle des autres peuples, soit une gloire frivole : ce sont les marques infaillibles de la grandeur d'un peuple. C'est toujours sous les plus grands princes que les arts ont fleuri, et leur décadence est quelquefois l'époque de celle d'un État. L'histoire est pleine de ces exemples : mais ce sujet me mènerait trop loin. Il faut que je finisse cette lettre déjà trop longue, en vous envoyant un petit ouvrage qui trouve naturellement sa place à la tête de cette tragédie. C'est une épître en vers à celle qui a joué le rôle de Zaïre ' : je lui devais au moins un compliment pour la façon dont elle s'en est acquittée :

Car le prophète de la Mecque Dans son sérail n'a jamais eu Si gentille Arabesque ou Grecque ; Son œil noir, tendre et bien fendu.

Sa voix, et sa grâce intrinsèque, Ont mon ouvrage défendu Contre l'auditeur qui rebèquo :

Mais quand le lecteur morfondu L'aura dans sa bibliothèque.

Tout mon honneur sera perdu.

.\dieu, mon ami ; cultivez toujours les lettres et la philosophie, sans oublier d'envoyer des vaisseaux dans les échelles du Levant. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Voltaire.

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