ACTE III — 1U
EURYCLÈS
Avant de vous venger, Palyphonte, dit-il, prétend l'interroger.
MÉROPE
L'interroger? qui? lui? sait-il quelle est sa mère?
EURYCLÈS
Nul ne soupçonne encor ce terrible mystère.
Courons à Polyphonte ; implorons son appui.
NARBAS
N'implorez que les dieux, et ne craignez que lui.
EURYCLÈS
Si les droits de ce fils au roi font quelque ombrage.
De son salut au moins votre hymen est le gage.
Prêt à s'unir à vous d'un éternel lien.
Votre fils aux autels va devenir le sien.
Et dût sa politique en être encor jalouse,
Il faut qu'il serve Égisthe, alors qu'il vous épouse.
XARBAS
Il vous épouse ! lui ! quel coup de foudre ! ô ciel !
MÉROPE
C'est mourir trop longtemps dans ce trouble cruel. Je vais...
NARBAS
Vous n'irez point, ô mère déplorable !
Vous n'accomplirez point cet hymen exécrable.
EURYCLÈS
Narbas, elle est forcée à lui donner la main. Il^eut vejiger^-resphonte .
NARBAS /
Il eii^est l'assassin.
Lui? ce traître?
NARBAS
Oui, lui-même ; oui, ses mains sanguinaires Ont égorgé d'Égisthe et le père et les frères : Je l'ai vu sur mon roi, j'ai vu porter les coups ; Je l'ai vu tout couvert du sang de votre époux.
196 — MÉROPE
MÉROPE
Ah ! dieux !
NARBAS
J'ai vu ce monstre entouré de victimes • ; Je l'ai vu contre vous accumuler les crimes : Il déguisa sa rage à force de forfaits ; Lui-même aux ennemis il ouvrit ce palais. Il y porta la flamme ; et parmi le carnage. Parmi les traits, les feux, le trouble, le pillage, Teint du sang de vos fils, mais des brigands vainqueur, Assassin de son prince, il parut son vengeur. D'ennemis, de mourants, vous étiez entourée-; Et moi, perçant à peine une foule égarée, J'emportai votre fils dans mes bras languissants. Les dieux ont pris pitié de ses jours innocents : Je l'ai conduit, seize ans, de retraite en retraite ; J'ai pris pour me cacher le nom de Polyclète ^; Et lorsqu'en arrivant je l'arrache à vos coups, Polyphonte est son maître et devient votre époux !
MÉROPE
Ah ! tout mon sang se glace à ce récit horrible.
EURYCLÈS
On vient : c'est Polyphonte.
O dieux! est-il possible?
{A Narbas.) Va, dérobe surtout ta vue à sa fureur.
NARBAS
Hélas ! si votre fils est cher à votre cœur. Avec son assassin dissimulez, madame.
EURYCLÈS
Renfermons ce secret dans le fond de notre âme.
Var. : J'ai vu ce monstre, entourû de victimes.
Massacrer nos amis, les témoins de ses crimes.
Var. : Blessé, demeuré seul en ce péril funeste.
Je tenais de vos fils le déplorable reste. Vous parûtes alors, vos yeux furent témoins Des marques du carnage et de mes tristes soins.
Variante. Après ce vers. Voltaire a supprimé les quatre vers suivants : Il vit, je le retjouve, il était sous vos yeux. J'ai revu votre fils, mais dans quel temps, ô dieux Mérope, abandonnée à son erreur cruelle. Allait verser son sang de sa main inaternellc'