‹ Théâtre choisi illustréChapitre 167 sur 191 · SUITE · texte numérisé non relu

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POLYPHONTE

Le trône vous attend, et les autels sont prêts ; L'hymen qui va nous joindre unit nos intérêts. Comme roi, comme époux, le devoir me commande Que je venge le meurtre, et que je vous défende. Deux compUces déjà, par mon ordre saisis. Vont payer de leur sang le sang de votre fils. Mais, malgré tous mes soins, votre lente vengeance A bien mal secondé ma prompte vigilance. J'avais à votre bras remis cet assassin ; Vous-même, disiez-vous, deviez percer son sein.

MÉROPE

Plût anx dieux que mon bras fût le vengeur du ci'ime I

POLYPHONTE , -.,, ,y -'

C'est le devoir des rois, c'est le soin qui m'anime. ^ jjj. tX . r*CV

MÉROPE y K ^

Vous? "-^^u.^

POLYPHONTE % '

Pourquoi donc, madame, avez-vous différé? Votre amour pour un fils serait-il altéré?

MÉROPE

Puissent ses ennemis périr dans les supplices 1 Mais si ce meurtrier, seigneur, a des complices ; Si je pouvais par lui reconnaître le bras. Le bras dont mon époux a reçu le trépas... Ceux dont la race impie a massacré le père Poursuivront à jamais et le fils et la mère.

108 — MtUiOPE Si l'on pouvait...

POLYPIIONTE

C'est là ce que je veux savoir ; Et déjà le coupable est mis en mon pouvoir.

MÉROPE

Il est entre vos mains?

POLVPHONTE

Oui, madame, et j'espère Percer en lui parlant ce ténébreux mystère.

•^ ^'^' MÉROPE

Jk ^ Ah ! barbare 1... A moi seule il faut qu'il soit remis.

^^ Rendez-moi... Vous savez que vous l'avez promis.

^' [A part)

O mon sang ! ô mon fils ! quel sort on vous prépare ! (A Polyphonie)

Seigneur, ayez pitié.

Il mourra.

Lui?

POLYPHONTE

Quel transport vous égare !

POLYPHONTE

Sa mort pourra vous consoler.

MÉROPE

Ah ! je veux à l'instant le voir et lui parler.

POLYPHONTE

Ce mélange inouï d'horreur et de tendresse. Ces transports dont votre âme à peine est la maîtresse. Ces discours commencés, ce visage interdit. Pourraient de quelque ombrage alarmer mon esprit. Mais puis-je ra'expliquer avec moins de contrainte? D'un déplaisir nouveau votre âme semble atteinte. Qu'a donc dit ce vieillard que l'on vient d'amener? Pourquoi fuit-il mes yeux? que dois-je en soupçonner? Quel est-il ?

MÉROPE

Eh ! seigneur, à peine sur le trône, La crainte, le soupçon, déjà vous environne !

ACIL IV — l'Jt:<

rOLVPHONIE

Partager donc ce trône : et sûr de mon bonheur, Je verrai les soupçons exilés de mon cœur. L'autel attend déjà Mérope et Polyphonte.

Mî-ROPE, en pleurant.

Les dieux vous ont donné le trône de Cresphontc ; II y manquait sa femme, et ce comble d'horreur. Ce crime épouvantable...

ISMÉNIE

Eh ! madame !

Ah ! seigneur.

Pardonnez... Vous voyez une mère éperdue. Les dieux m'ont tout ravi ; les dieu.x m'ont confondue. Pardonnez... De mon fils rendez-moi l'assassin.

POLVPHONTE

Tout son sang, s'il le faut, va couler sous ma main. Venez, madame.

MÉROPE

O dieux ! dans l'horreur qui me presse. Secourez une mère, et cachez sa faiblesse.

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