‹ Théâtre choisi illustréChapitre 180 sur 191 · SUITE · texte numérisé non relu

SUITE

MÉROPE

Le tyran m'ose envoyer vers toi ; Ne crois pas que je vive après cet hy menée ; Mais cette honte horrible où je suis entraînée, Je la subis pour toi, je me fais cet effort : Fais-toi celui de vivre, et commande à ton sort. Cher objet des terreurs dont mon âme est atteinte. Toi pour qui je connais et la honte et la crainte, Fils des rois et des dieux, mon fils, il faut servir. Pour savoir se venger, il faut savoir souffrir. Je sens que ma faiblesse et t'indigne et t'outrage ; Je t'en aime encor plus, et je crains davantage. Mon fils...

Osez me suivre.

MÉROPE

^ — ., Arrête. Que fais-tu?

f)icux ! je me plains à vous de son trop de vertu.

ÉGISTHE

Voyez-vous en ces lieux le tombeau de mon père? Entendez- vous sa voix? Etes-vous reine et mère? Si vous l'êtes, venez.

MÉROPE

Il semble que le ciel T'ôlèvc en ce moment au-dessus d'un mortel.

tje respecte mon sang ; je vois le sang d'Alcide ; Ah ! parle : remphs-moi de ce dieu qui te guide. Il te presse, il t'inspire. O mon fils ! mon cher fils ! ' Achève, et rends la force à mes faibles esprits.

ÉGISTHE

Auriez-vous des amis dans ce temple funeste?

MÉROPE

J'en eus quand j'étais reine, et le peu qui m'en reste Sous un joug étranger baisse un front abattu ; Le poids de mes malheurs accable leur vortu :

Page 1