ACTE V — -IVô
Polyphonte est haï ; mais c'est lui qu'on couronne : On m'aime, et l'on me fuit. '^
Quoi ! tout vous abandonne !
Ce monstre est à l'autel?
MÉROPE
Il m'attend.
ÉGISTHE
Ses soldats A cet autel horrible accompagnent ses pas?
MÉROPE
Non : la porte est livrée à leur troupe cruelle ; Il est environné de la foule infidèle Des mêmes courtisans que j'ai vus autrefois S'empresser à ma suite et ramper sous mes lois. Et moi, de tous les siens à l'autel entourée. De ces lieux à toi seul je puis ouvrir l'entrée.
ÉGISTHE
Seul, je vous y suivrai : j'y trouverai des dieux Qui punissent le meurtre, et qui ciont mes aïeux.
MÉROPE
Ils t'ont trahi quinze ans.
ÉGISTHE
Ils m'éprouvaient, sans doute.
MÉROPE
Eh ! quel est ton dessein ?
ÉGISTHE
Marchons, quoi qu'il en coûte.
Adieu, tristes amis ; vous connaîtrez du moins Que le fils de Mérope a mérité vos soins.
[A Narbas, en V embrassant.) Tu ne rougiras point, crois-moi, de ton ouvrage; Au sang qui m'a formé tu rendras témoignage.