SCÈNE VI. — NARBAS. ISMENIE, PEUPLE
NARBAS yi^"^^^ .-^
Quel spectacle ! est-ce vous, Isménic?/ v^ jO-**^^^^* çdT ^ Sanglante, inanimée, est-ce vous que je vois? | «r ^ ^j^y '
ISMENIE
Ah 1 laissez-moi reprendre et la vie et la voix. ^ ^'^'^ t*^^'
NARBAS JJl*C»>^ ...^vu^''
Mon fils est-il vivant? Que devient notre reine? -r^»^ ^^
ISMÉNIE
De mon saisissement je reviens avec peine ; Par les flots de ce peuple entraînée en ces Ueux...
N.\RB.\S
Que fait Égisthe?
ISllÉNIE
Il est... le digne fils des dieux.
Égisthe î il a frappé le coup le plus terrible. Non, d'Alcide jamais la valeur invincible N'a d'im exploit si rare étonné les humains.
NARB.AS
O mon fils ! ô mon roi, qu'ont élevé mes mains 1
216 — MÉROPE >0 ^ ^yl^^ <-- v^ ^A ^
' \ La victime était prête, et de fleurs couronnée
\ \ ^ ISMÉNIE ^^J
L'autel étincelait des flambeaux d'hyménée Polyphonte, l'œil fixe, et d'un front inhumain. Présentait à Mérope une odieuse main ; Le prêtre prononçait les paroles sacrées ; / Et la reine, au milieu des femmes éplorées,
S'avançant tristement, tremblante entre mes bras. Au lieu de l'hyménée invoquait le trépas ; Le peuple observait tout dans un profond silence. I Dans l'enceinte sacrée en ce moment s'avance
Un jeune homme, un héros, semblable aux immortels : Il court ; c'était Égisthe ; il s'élance aux autels ; Il monte, il y saisit d'une main assurée Pour les fêtes des dieux la hache préparée. Les éclairs sont moins prompts ; je l'ai vu de mes yeux, Je l'ai vu qui frappait ce monstre audacieux. '( Meurs, tyran, disait-il ; dieux, prenez vos victimes. » Érox, qui de son maître a servi tous les crimes, Érox, qui dans son sang voit ce monstre nager. Lève une main hardie et pense le venger. Égisthe se retourne, enflammé de furie ; A côté de son maître il le jette sans vie. Le tyran se relève : il blesse le héros ; De leur sang confondu j'ai vu couler les flots. Déjà la garde accourt avec des cris de rage. Sa mère... Ah ! que l'amour inspire de courage î Quel transport animait ses efforts et ses pas ! Sa mère... Elle s'élance au milieu des soldats. « C'est mon fils ! arrêtez, cessez, troupe inhumaine ! tÇ'est mon fils ; déchirez sa mère et votre reine, , ."" ^ -«■ Ce sein qui l'a nourp, ces flajics qui l'ont porté ! » x^ è A ces cris douloureux le peuple est agité ; (f (f Une foule d'amis, que son danger excite i, ^ \f^ }^ Entre elle et ces soldats vole et se précipite. ^ \v-^ , T, ! Vous eussiez vu soudain les autels renversés.
Dans des ruisseaux de sang leurs débris dispersés ; ^, ^. . Les enfants écrasés dans les bras de leurs mères ;
^ ^t^ Les frères méconnus immolés par leurs frères ;
vP Soldats, prêtres, amis, l'un sur l'autre expirants ;
On marche, on est porté sur les corps des mourants.
Uu grros de nos amis que son danger excite (174 ()•
yy>