‹ Théâtre choisi illustréChapitre 186 sur 191 · SOLDATS · texte numérisé non relu

SOLDATS

{On voit dans le fond du théâtre le corps de Polyphonie couvert /'

d'une robe sanglante.) / Jkr' .

MÉROPE ''i^''*^ r C^ '

Guerriers, prêtres, amis, citoyens de Messène, '^'f^*'*' 'i^ ""^^

Au nom des dieux vengeurs, peuples, écoutez-moi. \, A^ s^'^

Je vous le jure encore, Égisthe est votre roi : Z>iS^ i T "^ im -^^

Var. : On fuit, et cependant le reste de Messène

Accourait, se pressait dans la place prochaine ;

Le nombre qui redouble augmente encor l'horreur

L'un croit Egisthe mort, l'autre le croit vainqueur.

Je me meurs, je ne sais si la reine est sauvée. Si de son digne fils la vie est cooservéc.

On dit que l'ennemi vient surprendre la porte ; •iVv •'^^ . rt}-^ \

On court à ce palais, la foule m'y transporte ; Qjjl^^ . A^ ,,-<

J'y suis, vous m'y voyez semblable aux malheureux i< Ot ^^^k****^^^'"'

Rejeté'S par les flots dans un orage affreux. •t)*^ ^ *r^ Ar

Je ne sais où je v.iis : le trouble et la teneur, ^ ^>y» fi^>*' le^^C

Tout ce desordre horrible est encor dans mon cœur. -x^^ JL ^^^ A^

21S — MÊROPE

Il a puni le crime, il a vengé son père. Celui que vous voyez traîné sur la pwDussière, C'est un monstre ennemi des dieux et des humains : Dans le sein de Cresphonte il enfonça ses mains. Cresphonte mon époux, mon appui, votre maître, Mes deux fils sont tombés sous les coups de ce traître. Il opprimait Messène, il usurpait mon rang ; Il m'offrait une main fumante de mon sang.

{En courant vers Egisthe, qui arrive la hacîie à la main.) Celui que vous voyez, vainqueur de Polyphonte, C'est le fils de vos rois, c'est le sang de Cresphonte ; C'est le mien, c'est le seul qui reste à ma douleur. Quels témoins voulez- vous plus certains que mon cœur? Regardez ce vieillard ; c'est lui dont la prudence Aux mains de Polyphonte arracha son enfance. Les dieux ont fait le reste,

NARB.\S

Oui, j'atteste ces dieux Que c'est là votre roi qui combattait pour eux.

ÉGISTHE

Amis, pouvez-vous bien méconnaître une mère? Un fils qu'elle défend? un fils qui venge un père? Un roi vengeur du crime?

MÉROPE

Et si vous en doutez.

Reconnaissez mon fils aux coups qu'il a portés, A votre délivrance, à son âme intrépide. Eh ! quel autre jamais qu'un descendant d'Alcide, Nourri dans la misère, à peine en son printemps. Eût pu venger Messène et punir les tjTans? Il soutiendra son peuple, il vengera la terre. Écoutez : le ciel parle, entendez son tonnerre. Sa voix qui se déclare et se joint à mes cris. Sa voix rend témoignage et dit qu'il est mon fils.

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