I. Autre nom de Jérusalem
VOLTAIRE — IH'-ATR»,
32 — ZAÏRE
Avez-vous oublié Ce généreux Français, dont la tendre amitié Nous promit si souvent de rompre notre chaîne? Combien nous admirions son audace hautaine ! Quelle gloire il acquit dans ces tristes combats Perdus par les chrétiens sous les murs de Damas ! Orosmane vaiiiqueur, admirant son courage, Le laissa sur sa foi partir de ce rivage. Nous l'attendons encor ; sa générosité Devait payer le prix de notre liberté : N'en aurions-nous conçu qu'une vaine espérance?
Peut-être sa promesse a passé sa puissance. Depuis plus de^puv niLS il n'est point revenu.' Un étranger, Fatime, un captif inconnu, -—•■ — Promet beaucoup, tient peu, permet à son courage Des serments i.idiscrets pour sortir d'esclavage. Il devait délivrer dix chevaliers chrétiens. Venir rompre leurs fers ou reprendre les siens : J'admirai trop en lui cet inutile zèle : Il n'y faut plus penser.
FATIME
;\Iais s'il était fidèle.
S'il revenait enfin dégager ses serments, Ne voudriez-vous pas?...
ZAÏRE
Fatime, il n'est plus temps.
Tout est changé...
FATIME
Comment? que prétendez- vous diro?
Va, c'est trop te celer le destin de Zaïre.
Le seci'et du Soudan doit encor se cacher ;
Mais mon cœur dans le tien seplaît à s'épancher.
Depuis pï^ de trois mois qu'ave^TTautrês capTi\es
On te fit du Jourdain abandonner les rives.
Le ciel, pour terminer les malheurs de nos jours.
D'une mail, plus puissante a choisi le secours.
Ce superbe Orosmane...