ACTE PREMIER — :î
FATIME
Eh bien !
ZAÏRE
Ce Soudan même, Ce vainqueur des chrétiens... chère Fatime... il m'aime... Tu rougis... je t'entends... garde-toi de penser Qu'à briguer ses soupirs je puisse m'abaisser ; Que d'un maître absolu la superbe i tendresse M'offre l'honneur honteux du rang de sa maîtresse. Et que j'essuie enfin l'outrage et le danger Du malheureux éclat d'un amour passager. Cette fierté qu'en nous soutient la modestie Dans mon cœur à ce point ne s'est pas démentie. Plutôt que jusque-là j'abaisse mon orgueil. Je verrais sans pâlir les fers et le cercueil. Je m'en vais t'étonner ; sonsugerbejçourage. A mesfaiUles-appas pré'aeâtn.-jiii^purjiommage. Parmi tous ces objets à lui plaire empressés, J'ai fixé ses regards à moi seule adressés ; Et l'hymen, confondant leurs intrigues fatales. Me soumettra bientôt soti cœur et mes rivales.
FATIMC
Vos appas, vos vertus, sont dignes de ce prix ; Mon cœur en est„flattè-pl us qu'il n'en ^est surpris, '^ïïê~vos~félicités, s'il se peut, soient parfaites. Je me vois avec joie au rang de vos sujettes, l
ZAÏRE
Sois toujours mon égale, et goûte mon bonheur; Avec toi partagé, je sens mieux sa douceur.
FATIME
Hélas ! puisse le ciel souffrir cet hyménée !
Puisse cette grandeur qui vous est destinée,
Qu'on nomme si souvent du faux nom de bonheur,
Ne point laisser de trouble au fond de votie cœur !
X'est-il point en secret de frein qui vous retienne? (
Ne vous souvient-il plus que vous fjûtes chrétienn^ '-p»
ZAÏRE
Ah ! que dis-tu? pourquoi rappeler mes ennuis? Chère Fatime, hélas ! sais-je ce que je suis?