ACTE PREMIER — 'M
Je sais vous estimer autant que je vous aime, Et sur votre vertu me fier à vous-même. Après un tel aveu, vous connaissez mon ciruv ; Vous sentez qu'en vous seule il a mis son bonheur. Vous comprenez assez quelle amertume affreuse O^rromprait de mes jours la durée odieuse, Si vous ne receviez les dons que je vous fais Qu'avec ces sentiments que l'on doit aux bienfaits. Je vous aime, Zaïre, et j'attends de votre âme Un amour qui réponde à ma brûlante flamme. Je l'avouerai, mon cœur ne veut rien qu'ardemment Je me croirais haï d'être aimé faiblement. De tous mes sentiments tel est le caractère. u i; i ^'
vje veux avec excès vou^iaimer et vous plaire. fvCK Q|/v^4 '<«'û Si d'un égal arnour votre cœur est épris, Je viens vous épouser, mais c'est à ce seul prix ; Et du nœud de l'hymen l'étreinte dangereuse Me rend infortuné, s'il ne vous rend heureuse.
ZAÏRE
Vous, seigneur, malheureux! Ah! si votre grand cœur
A sur mes sentiments pu fonder son bonheur,
S'il dépend en effet de mes flammes secrètes,
Quel mortel fut jamais plus heureux que vous l'êtes?
Ces noms chers et sacrés, et d'amant, et d'époux.
Ces noms nous sont communs : et j'ai par-dessus vous
Ce plaisir, si flatteur à ma tendresse extrême.
De tenir tout, seigneur, du bienfaiteur que j'aime ;
De voir que ses bontés font seules mes destins,
D'être l'ouvrage heureux de ses augustes mains ;
De révérer, d'aimer un héros que j'admire.
Oui, si parmi les cœurs soumis à votre empire
Vos yeux ont discerné les hommages du mien.
Si votre auguste choix...