ACTE ni — ÔO
Me servent de supplice, et ta sœur en ce jour Meurt de son repentir plus que de son amour.
NÉRESTAN
Je te blâme, et te plains ; crois-moi, la Providence
Ne te laissera point p>érir sans innocence :
Je te pardonne, hélas ! ces combats odieux ;
Dieu ne t'a point prêté son bras \ictorieux.
Ce bras, qui rend la force aux plus faibles courages.
Soutiendra ce roseau plié par les orages.
Il ne souffrira pas qu'à son culte engagé,
Kntre un barbare et lui ton cœur soit p>artagé.
Le baptême éteindra ces feux dont il soupire.
Et tu vivras fidèle, ou périras martyre.
Achève donc ici ton serment commencé :
Achève, et dans l'horreur dont ton coeur est pressé.
Promets au roi Louis, à l'Europe, à ton père.
Au Dieu qui déjà parle à ce cœur si sincère.
De ne point accomplir cet hymen odieux
Avant que le pontife ait éclairé tes yeux.
Avant qu'en ma présence il te fasse chrétienne.
Et que Dieu par ses mains t'adopte et te soutienne.
Le promets-tu, Zaïre?
Oui, je te le promets :
Rends-moi chrétienne et libre ; à tout je me soumets. Va, d'un père expirant va fermer la paupière ; Va, je voudrais te suivre, et mourir la première.
NÉRESTAN
Je pars ; adieu, ma sœur, adieu : puisque mes vœux Ne peuvent t'arracher à ce palais honteux. Je reviendrai bientôt par un heureux baptême T'arracher aux enfers et te rendre à toi-même.