ACTE m — Gl
OROSMANE
Donnez-moi votre main ; daignez, belle Zaïre...
Dieu de mon père, hélas ! que pourrai-je lui dire?
OROSMANE
Que j'aime à triompher de ce tendre embarras I Qu'il redouble ma flamme et mon bonheur I
ZAÏRE
Hélas I
OROSMANE
Ce trouble à mes désirs vous rend encor plus chère ; D'une vertu modeste il est le caractère. Digne et charmant objet de ma constante foi. Venez, ne tardez plus.
Z.AÏRE
Fatime, soutiens-moi '.., Seigneur...
OROSMAXE
O ciel ! eh quoi !
ZAÏRE
Seigneur, cet hyménée Était un bien suprême à mon âme étonnée. Je n'ai point recherché le trône et la grandeur. Qu'un sentiment plus juste occupait tout mon cœur ! Hélas ! j'aurais voulu qu'à vos vertus unie, Et méprisant pour vous les trônes de l'Asie, Seule et dans un désert, auprès de mon époux. J'eusse pu sous mes pieds les fouler avec vous. Mais,... seigneur,... ces chrétiens...
OROSMANE
Ces chrétiens... Quoi! madame, Qu'auraient donc de commun cette secte et ma flamme ?
Lusignan, ce vieillard accablé de douleurs, Termine en ces moments sa vie et ses malheurs.