‹ Théâtre choisi illustréChapitre 46 sur 191 · I. Variayiie · texte numérisé non relu

I. Variayiie

Ah ! graod Dif u, foutiens-moi {1767) !

02 — ZAÏRE

OROSMANE

Eh bien ! quel intérêt si pressant et si tendre

A ce vieillard chrétien votre cœur peut-il prendre?

Vous n'êtes point chrétienne ; élevée en ces lieux.

Vous suivez dès longtemps la foi de mes aïeux.

Un vieillard qui succombe au poids de ses années

Peut-il troubler ici vos belles destinées?

Cette aimable pitié, qu'il s'attire de vous,

Doit se perdre avec moi dans des moments si doux.

ZAÏRE

Seigneur, si vous m'aimez, si je vous étais chère...

OROSMANE

Si vous l'êtes, ah ! Dieu !

ZAÏRE

Souffrez que l'on diffère...

Permettez que ces nœuds, par vos mains assemblés...

OROS.MANE

Que ditez-vous? ô ciel ! est-ce vous qui parlez? Zaïre !

ZAÏRE

Je ne puis soutenir sa colère.

OROSMANE

Zaïre !

ZAÏRE

Il m'est affreux, seigneur, de vous déplaire ; Excusez ma douleur... Non, j'oublie à la fois Et tout ce que je suis, et tout ce que je dois. Je ne puis soutenir cet aspect qui me tue. Je ne puis... Ah ! souffrez que loin de votre vue. Seigneur, j'aille cacher mes larmes, mes ennuis. Mes vœux, mon désespoir, et l'horreur où je suis.

[Elle sort.) SCÈNE VII. — OROSMANE, CORASMIN.

OROSMANE

Je demeure immobile, et ma langue glacée Se refuse aux transports de mon âme offensée.

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