SCÈNE V. — OROSMANE. CORASMIN
CORASMIN
Cette lettre, seigneur.
Pourra vous éclaircir et calmer votre cœur.
OROSMANE
Ah ! Usons : ma main tremble, et mon âme étonnée Prévoit que ce billet contient ma destinée. Lisons... K Chère Zaïre, il est temps de nous voir : // est vers la mosquée mie secrète issue. Où vous pouvez sans bruit, et sans être aperçue, Tromper vos surveillants et remplir votre espoir : Il faut tout hasarder ; vous connaissez mon zèle ; Je vous attends ; je meurs, si vcnis n'êtes fidèle. » Eh bien ! cher Corasmin, que dis-tu ?
CORASMIN
Moi, seigneur?
Je suis épouvanté de ce comble d'horreur.
OROSMANE
Tu vois comme on me traite.
CORASMIN
O trahison horrible !
Seigneur, à cet affront vous êtes insensible ? Vous, dont le cœur tantôt, sur un simple soupçon. D'une douleur si vive a reçu le poison? Ah ! sans doute, l'horreur d'une action si noire Vous guérit d'un amour qui blessait votre gloire.