ACTE IV
Tranquille dans le crime, et fausse avec douceur, Elle a jusques au bout soutenu sa noiiccur. As-tu trouvé l'esclave? as-tu servi ma rage? Connaîtrai-je à la fois son crime et mon outrage?
CORASMIN
Oui, je viens d'obéir ; mais vous ne pouvez pas Soupirer désormais pour ses traîtres appas : Vous la verrez sans doute avec indifférence. Sans que le repentir succède à la vengeance, Sans que l'amour sur vous en repousse les traits.
OROSMANE
Corasmin, je l'adore encor plus que jamais.
CORASMIN
Vous ? 6 ciel ! vous ?
OROSMANE
Je vois un rayon d'espérance.
Cet odieux chrétien, l'élève de la France, Est jeune, impatient, léger, présomptueux ; Il peut croire aisément ses téméraires vœux Son amour indiscret, et plein de confiance, Aura de ses soupirs hasardé l'insolence ! Un regard de Zaïre aura pu l'aveugler : Sans doute il est aisé de s'en laisser troubler. Il croit qu'il est aimé, c'est lui seul qui m'offense ; Peut-être ils ne sont point tous deux d'intelligence. Zaïre n'a point vu ce billet criminel.
Et j'en croyais trop tôt mon déplaisir mortel. Corasmin, écoutez,... dès que la nuit plus sombre. Aux crimes des mortels viendra prêter son ombre, Sitôt que ce chrétien chargé de mes bienfaits, Nérestan, paraîtra sous les murs du palais, Ayez soin qu^à l'instant ma' garde le saisisse ; Qu'on prépare pour lui le plus Honfëujc" suppUce, Et que chargé de fers il me soit présenté. Laissez, surtout^ laisseiTZaxre en liBerté. Tu vbisTnOh cœur, fù^ vois a quel excès je l'aime! Ma fureur est plus grande, et j'en tremble moi-même. J'ai honte des douleurs où je me suis plongé ; Mais malheur aux ingrats qui m'auront outragé !
I. VariatiU. Toute» les éditions porteai : «... la farde I« saisisse, i Bsuchot a rectifié d'après un firaram mannscrit de Décrois.